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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 19:13
Découvrir Jean Pierre Lesieur

Jean-Pierre Lesieur, poète et revuiste confirmé, n’a pas le temps de s’amuser. Il laisse ce soin à sa muse, et publie « Ma Muse s’Amuse »,bilan prodigieux de ses extrapolades versificatrices qui caractérisent son esprit créateur.

C’est d’abord le souffle qui traverse ces textes et emporte le lecteur. Un souffle lié au fabulatoire de la réalité, car chaque poème se développe au rythme d’un inventaire à la Prévert où les mots bousculent l’esprit et le poussent à l’invention des mots. Cette spirale poétique, partie de terre, de la vie concrète, se développe en tourbillonnant au son des fantasmes et de la belle musique des syllabes qui enivre un peu:

« Muse muse muse ça perd l’épaulette de paupiettes Autant en emporte le temps Des amusements de Paulhan Autant en emporte le vent.

Muse muse muse Saperlipopette de lopette Gare aux engoulevents Du carré des feuillants Dans les grands coups devant... »

Qu’il utilise le lyrisme ,la syncope, le vers libre ,1a forme dialoguée, strophée, le poète passe d’un registre à l’autre, et le lecteur ne s’ennuie pas. Sorte d’homme-orchestre Lesieur mène son texte tambour battant et emporte le morceau .Car il en faut de l’emportement, du tourbillon, sous la plume, pour évoquer efficacement la vie fertile de toute expérience, sans tomber dans la déprime ou le mélo. Expérience que Lesieur transcende en parodiant le mythe: muse vénale, muse marchandisée, ou muse aux fourneaux... Rien ne vaut pourtant la muse déniaisée qui, en nuisette, « vient juste de perdre son pucelage de mots », mais sans jamais pouvoir la posséder ! C’est l’angoisse du poète, que Lesieur dilue de dérision, d’ironie et d’humour, car l’humain doit toujours vaincre:

« Parfois sa muse se mettait en galipettes Et lui disait tout de go rattrape-moi Bel éphèbe des mots sans sens mais beaux Rattrape moi si tu le peux chiche.

Il courait à perdre l’haleine des images

Il courait aussi vite qu’il l’avait écrit

Et ne parvenait jamais à rejoindre la belle... »

Cœur battant à deux ailes, prenant son vol dans les libres espaces de la parole écrite, Jean - Pierre Lesieur nous donne ici une écriture sans tabou, et surtout sans pensée unique ni langue de bois, ce qui fait du bien par où ça dépasse .

Claude ALBAREDE

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Published by michel-dani alain
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