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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 11:20
Yvan Goll : souscription à "Yvan Goll  Ecrits pacifistes"

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Published by michel-dani alain
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Pierre Montmory 23/02/2016 07:33

FIN DE LA LEÇON
Les professionnels de la profession professent à profusion.
Les poètes poétisent poétiquement la poésie poétique.
Les cons servent les conserves aux conservateurs de la conservation.
La vie vivace vécue par les vivants vit vivement.
La mort morte mortuaire mord les morts mortellement.
Le prophète, dernier poète, serviteur de la vie et de la mort, attend dehors le monde : qui sauvera ses paroles portées par le vent?
Mais qui entendra les mots pétris dans la poussière des chemins avec l’eau de l’aube?
Avec quelle boue les visages dessineront leurs expressions ?
L’Humanité cherchait son berger dans l’étoile du matin et l’agneau dans le buisson ardent et le loup dans les crépuscules mourants.
Quel soleil aura brûlé ?
Quelle lune refroidi ?
Quelle terre nourri ?
Ce qu’on entend ce ne sont pas les mots aveugles, les mots muets, non ! Ce qu’on entend c’est le silence absolu des questions muettes aux réponses éternelles.
Il n’y a pas rien, il y a tout.
Et le prophète radote.
Et les muses tricotent.
Et le génie fricote !
Le poète papote !
Il n’y a rien. Il n’y a pas tout.
Les professionnels de la profession professent à profusion.
Fin de la leçon.
Pierre Montmory - trouveur

Pierre Montmory 23/02/2016 07:32

LE POÈTE ASSASSINÉ
Apollinaire est mort dans le plus grand dénuement et la solitude car les vieux machins de l'époque ne le considéraient pas encore comme assez mort pour se taire et leur rappeler que, eux, les éditeurs ratés et autres sans talent vivaient comme des morts alors que lui, le poète, vivant ou mort vit par-dessus l'éternité. Les nécrologues de l'art de vivre sont les fossoyeurs de la joie et de l'innocence. Ils ont la bedaine pleine et parfois des diplômes ces oisifs de la cervelle qui ramassent après leur dernier souffle l'écuelle des malheureux pour leur collection d'artefacts. On ne garde que ceux qui ont un certificat de décès établi par les conservateurs et qui sont reconnus comme chaire inerte à triturer pour en faire de jolis mots et catalogues dans leurs salons mortuaires. Et l'on réédite à qui mieux mieux les stèles inamovibles des preux tandis que le vivant valeureux, aventurier de ses noces avec la vie, est mis de côté dans l'indifférence polie des censeurs. Le poète, de son vivant, à moins d'imiter servilement ce que les conservateurs apprécient, n'a que le choix de dire et de chanter sans être entendu, car les humains ont la paresse de prendre pour acquis ce qui leur est donné, sans avoir à se questionner où répondre aux paroles qui s'envolent du coeur des amants de la vie que sont les gens libres amoureux sans raison. Ces collectionneurs d'art jouissent de posséder ces reliques mais n'ont point de coeur pour aimer celui qui les ferait vivre autrement que dans leur costume de croque-morts. Et l'on se fiera pour l'instant aux avis des spécialistes pour déchiffrer ce que l'on est incapable de concevoir mais qui, avec des formules, des théories et des concepts permet de se faire accroire que l'on est bon, intelligent, généreux et, qu'en plus on a du talent par-dessus les tombes. Nos enfants n'ont qu'à s'aligner pour servir cette viande froide et les cons vivent heureux d'être bêtes. Le poète, l'aventurier, l'Homme libre, n'a que faire de ces réunions mondaines, de ces rassemblements de "poètes officiels" qui nuisent à l'entendement des muses parce que le temps demande la paix, le pain, la parole aux malheureux. On ne devrait écouter que les poètes vivants qui ont faim, qui ont peur, qui ne sont pas écoutés par leurs contemporains, ceux qui sont hagards et sans yeux ni oreilles parce-que les meilleurs et les plus forts leur marchent dessus comme s'ils n'existaient que dans la poussière piétinée par la vanité orgueilleuse des bourgeois. Apollinaire s'en souvient quand il rentre à l'hospice pour y laisser sa carcasse désolée. Le poète ne quittera pas ses semelles de vent car c'est à cela qu'on le reconnaît. Les bibliothèques et les musées connaissent si peu les véritables aventuriers qui, pour leur sécurité ont préféré, dans l'anonymat, donner gratuitement ce qu'ils avaient à donner. Car le don du poète lui est gratuit. Il est la vie. Le début et le commencement. Alors, bourgeois, accueillez-le au moins une bonne fois, comme votre sauveur. Mais les bourgeois, qui passent vite de vie à trépas, n'ont pas le temps pour aimer, l'argent est leur seul dieu et la monnaie leur consolation. Qu'on édite et qu'on médite les morts ! Rabâcher des paroles mortes est le passe-temps des bourreaux. Les victimes sont les contemporains, clients pour la viande morte. Les poètes se moquent de ces fariboles qui ne les atteignent même pas. La muse ne materne que l'enfant roi. Et le roi sera celui qui, soldat et poète, conquerra le vent !
Pierre Montmory - trouveur

Pierre Montmory 23/02/2016 07:31

DE JOUR ET DE NUIT

Les seuls poètes crient
Aux vents des nues
Leur exil implacable.

Dans l’égalité des amis
Les poètes au cimetière
Échangent leurs vers.

Le maudit erre sur la Terre
Du lever au coucher
Brave la vie et la mort

Poètes d’occasions
Fainéants par légions
Morts sans importance

L’exilé s’aventure
Derrière les horizons
Ami des vents

Les citoyens des pays
Font l’inventaire
D’imaginaires ennemis

Le solitaire des pluies
Drague les muses
Et soule son génie

L’homme moyen
Monnaye sa vie
Calcule sa mort

L’amant de Liberté
Le tendre Amour
Sème les enfants

Les chefs de famille
Domestiquent la jeunesse
Et répriment leur ivresse

Le chef de personne
N’obéit qu’à la fantaisie
Du Soleil et de la Lune

Les quelqu’un
Se donnent la main
Contre quelque-chose

Le moins que rien
Léger comme l’air
Vole de ses propres ailes

Celui qu’a tout
N’a pas d’ami
Sans crédit

Celui qui n’a rien
Souple comme l’eau
Nage dans le courant

Le patron propriétaire
Plein de charges
Coule avec ses dettes

Le locataire sans terre
A toutes les maisons
Sous le toit du ciel

Les gouvernements
Légalisent la potence
Pour les pas de chance

Sans dieu ni diable
Le vagabond innocent
A peur des Bêtes

Avec des croyances
On explique les crimes
Et la malchance

L’être humain
Est encore un animal
Prétendant à l’Humanité

Et les seuls poètes crient
Aux vents des nues
Leur exil implacable.

Tandis que l’époque
D’éternité se moque
De la vie sacrée


Pierre Montmory