Samedi 14 mars 2009


                               L'écrivain Nimrod (à gauche) et les acteurs tchadiens de la Compagnie du Bredin

          Mercredi soir, nous avons reçu un coup de téléphone...inattendu. C'était Nimrod, l'écrivain tchadien (son passeport en atteste) et pourtant si français (la belle langue qu'il parle et écrit plaide pour lui) que nous avons rencontré si souvent, et dont le souvenir d'une lecture au Forum de l'IRTS a si fortement marqué les esprits qu'il en resté chez nous comme chez lui des souvenirs qu'il a ravivé dans un ouvrage paru l'an passé, "La nouvelle chose française", qui relate notamment l'événement;

        Pour revenir à la conversation téléphonique, il nous dit qu'il sera à Frouard dès 19 h, qu'il compte nous voir à la première des trois représentations de la pièce de théâtre donnée au TGP de Frouard "Dernières nouvelles des jambes d'Alice", écrite par Laurent Vacher d'après son roman "Les jambes d'Alice".
Nous avions justement retenu trois places -comment manquer l'un de nos auteurs, Nimrod ayant gentiment prêté ses textes pour la première anthologie CARNAVALESQUES? - et il nous a suffi d'arriver un peu plus tôt.


        Retrouvailles avec l'ami, rencontre avec Laurent Vacher, qui assure adaptation et mise en scène, les acteurs et le directeur du TGP, Philippe Sidre, et petit en-cas dans la petite salle du bar, pour une conversation à bâtons rompus : une quinzaine de personnes étaient là pour un moment d'échanges, entre nouvelles des Etats-Unis où Nimrod enseigne -il est professeur à l'Université du Michigan -, le Tchad où il a sa famille, et la France où il suit actuellement et pour quelques jours encore la pièce.


         Justement, la pièce :

           Quand on a lu le roman, on a du mal (ce n'est pas le mot) à imaginer une adaptation théâtrale du texte. Laurent Vacher  a expliqué le cheminement qui a conduit parallèlement sa découverte du Tchad - Djamena est un foyer de culture française important et dynamique - son projet d'une adaptation du texte d'un écrivain tchadien, et le long processus de formation des comédiens en même temps qu'il écrivait l'adaptation du roman.

            C'est l'histoire d'une rencontre improbable, aux portes de Djamena, celle d'un homme, professeur de français et d'une femme -peu original, me direz-vous- une basketteuse, Alice, dont les jambes fuselées(?) cristallisent les sentiments, et d'autres choses encore, du héros.
          " La démarche inoubliable d'Alice l'attire jusqu'au vertige" dit l'article de présentation.
Voilà pour l'histoire. Sur fond de guerre civile.
Sur la scène, 3 acteurs, une femme, un homme "tergalé, cravatté"  qui sont les deux héros de la pièce, et un musicien - cora, djambé et chant. Pue d'accessoires : un ballon de basket, un tabouret de bar, le tout sur fond blanc, sol et mur  à angle droit délimitant la scène.
 La pièce ne s'embarrasse pas d'artifice : tout tient debout -à angles droits- grâce au découpage -savant- du texte, qui éclaire mais ménage ses zones d'incertitude ;  au jeu des acteurs -l'actrice est à la fois l'une ou l'autre, mais parfois l'une et l'autre - ;  et à l'écriture d'un texte solide, littéraire et parfois d'une force étonnante, je veux évoquer ici le passage -forcément- érotique de la découverte du corps de la femme ( qui a autre chose que ses jambes pour plaire.
"Ce spectacle est un objet unique de raison, de rebellion et de poésie contre le fatalisme" dit l'article de présentation.
C'est dit.


 
Par michel-dani alain - Publié dans : nancy.aspect.editions
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Samedi 14 mars 2009
Nous connaissons bien Abdelkader Djémaï, qui fut  en résidence à Saint Dié, pour l'avoir rencontré souvent et parfois invité, à Epinal, Nancy et Commercy notamment. (ci dessous au côté d'Alain Gnemmi, à gauche)






Son dernier  livre, "un moment d'oubli", qui vient de paraître au Seuil, a retenu l'attention d'un(e) critique littéraire du Canard Enchaîné, assez pour y faire paraître un article signé A.Rn
C'est cet article que j'ai reproduit ci dessous, en remerciant au passage le-la
critique,  et du choix qu'il-elle avait fait de consacrer son article à notre ami Abdelkader, et du contenu.

Djemaï écrit des livres courts. Toujours remarqués. D'une écriture ravageuse comme un coup de vent qui fait voler le superflu. Après, un grand coup de gomme. Pour tout effacer : "une sale histoire qui te colle à la peau, qui ne te lâche plus".

Cet homme, qui marche à la dérive dans une ville inconnue, est comme un émigré de l'intérieur. Il se souvient. Des bribes de passé lumineux pour un présent délabré. Un corps dévasté. Le sexe? " Tu ne ressenS presque plus rien. Mollasson et tout ratatiné, il ne te sert plus que pour pisser l'alcool que tu bois." Autrefois, il y avait Laure, il y avait Lucas, le fils. Aujourd'hui, plus rien. Une déchéance quotidienne...depuis un certain jour où une Fiat blanche volée, que le flic-héros de Djemaï poursuit dans la nuit. Depuis qu'à un passage à niveau le conducteur est écrasé.
Avec une pudeur extrême, un suspense suffoquant. Djemaï réussit à nous faire vivre cet homme perdu comme si c'était un de nos proches dans une histoire qu'on ne peut oublier."

 C'est court, ramassé. Assez long pour donner envie de lire.


biographie:
Né en novembre 1948 à Oran, Abdelkader Djemaï vit en France depuis 1993  Auteur de nouvelles, de pièces de théâtre et de romans, il a reçu le Prix Découverte Albert Camus et le Prix Tropiques pour "Un été de cendres".

Abdelkader Djemaï anime de nombreux ateliers d'écriture dans les établissements scolaires et en milieu carcéral qui ont donné lieu à une quinzaine de livres.

"Avec Abdelkader Djemaï, il n'y a pas de place pour le pathos, l'indignation gratuite et les impudeurs en tout genre, pas de place non plus pour les considérations géopolitiques, encore moins pour les fioritures stylistiques. On n'entre pas dans les arcanes de l'Histoire avec son fleuve d'événements et de rebondissements, on reste au seuil d'une conscience individuelle."
ABDOURAHMAN A. WABERI

Bibliographie :
Un été de cendres, Michalon, 1995 (et Folio, 2000).
Camus à Oran, Michalon, 1995.
Sable rouge, Michalon, 1996....
                                                                                                  La maison qui passait par là - (La Dragonne -Nancy)

31, rue de l'Aigle, Michalon, 1998 (et Folio, 2000).
Mémoires de nègre, Michalon, 1999.
Dites-leur de me laisser passer, Michalon, 2000
Camping Le Seuil, Paris, 2002
Gare du Nord, Le Seuil, Paris, 2003

Le nez sur la vitre (Seuil -2004)
Par michel-dani alain - Publié dans : nancy.aspect.editions
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Jeudi 26 février 2009


La petite salle de la librairie l'Autre Rive, rue du pont Mouja à NANCY était pleine comme un oeuf pour accueillir, ce mardi 24 février  Alain Mabanckou qui venait présenter son dernier ouvrage "Black Bazar", paru aux éditions du Seuil il y a quelques mois.
On ne présente plus Alain Mabanckou, surtout à Nancy, où il est présent depuis quelques années à chaque salon du Livre sur la Place. On ne le présente plus : c'est pourquoi Jean Bernard, le libraire qui l'a invité pour cette soirée d'anniversaire - Alain Mabanckou est né le 24 février dans le "petit Congo" -, lui demande de se présenter. Le personnage est sympathique, haut en couleur et le contact est vite établi avec un public qui connait pour la plupart ses romans , même le dernier,  "Black Bazar". On attend beaucoup de confidences de ce double du "sapeur" en Weston, le nommé "fessologue", sorte d'ethnologue parisien dont les théories, qui ont court dans le quartier "Chateau d'eau", permettent, paraît-il,  de connaître la psychologie féminine à partir de l'étude de la Face B des femmes
On a les Annapurna qu'on peut.

Toujours est-il qu'Alain Mabanckou, entre son ami libraire et des lecteurs conquis, a vite trouvé le ton d'une conversation sérieuse -on y parle de francophonie, du français dans le monde, notamment aux EtatsUnis où il est professeur à l'UCLA*, le la littérature anglophone, de la frilosité française vis à vis des écrivains "importés" de ses ex-colonies -, mais aussi pleine d'humour -on y retrouve le ton qui est aussi celui de son écriture, celle d'un conteur - pétrie de paradoxes, de clins d'oeil, de contre-pieds, un peu comme ces peaux des lapins qu'on retourne et qui restent, poil en dedans, des peaux de lapins. A ne pas confondre avec la peau de banane sur laquelle a glissé Hippocrate, le voisin du dessous. Dans le roman.

Et dans la vraie vie?
Dans la vraie vie, Aalain Mabanckou rencontre de vrais personnages vivants. Certains ont gardé leur prénom : c'est le cas de Louis-Philippe (Dalembert), que nous avons invité il ya quelques années où il est venu animer plusieurs rencontres, sous la neige. Les autres ont des surnoms, mais tous ont lu le "roman" (mais est-ce un roman?) et s'y sont reconnus, au moins partiellement. Car Alain Mabanckou écrit comme il parle, et parle comme il respire : et il respire  cette extraordinaire santé d'apprendre, de comprendre, alimentée par une soif de lire et d'écrire et de transmettre, ce qu'il fait là-bas, aux Etats-Unis, tissant ensuite au fil de la plume, -il dit écrire sans trame -le récit de ses rencontres et de ses réflexions (car Black Bazar est aussi "pédagogique" dans le sens où il nous apprend à penser ou à repenser les relations de personnes venues d'horizons différents).

20 H : c'est bien trop tôt pour se quitter, surtout quand on voit l'écrivain encore capable d'aborder les heures qui suivent avec autant d'enthousiasme et de bonne humeur
Et la file est trop longue  pour attendre une dédicace, surtout que le parking du Saint Seb ferme à 20 h 30
merci,  bon anniversaire, le bonsoir à "Couleur d'origine" et à bientôt. Amitiés.
Par michel-dani alain - Publié dans : poésie contemporaine - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 21 février 2009
un choc!
Après les CHANTS DE MALDOROR ET VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, une surprise (une bonne surprise) littéraire tant par le fond que par la forme, surtout la forme. Une écriture recherchée, une construction réfléchie, une sorte de symphonie avec choeurs et orchestre, le tout parfaitement maîtrisé pour une plongée dans une -déjà- mythologie .
Un texte en prose, mais une incontestable réussite poétique.

En attendant l'article que je rédigerai après la lecture de l'impressionnant "roman" de Raharimanana, écrivain malagasy , je vous conseille de vous reporter à l'excellente critique de Dominique Radaivoson que vous trouverez
sur le site d'AFRICULTURE:
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=ar

pour lire la biographie de Raharimanana : se reporter à la biographie du site "d'île en île"
Par michel-dani alain - Publié dans : poésie contemporaine - Communauté : Poésie contemporaine
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Vendredi 20 février 2009
On ne présente plus Alain Mabanckou. Depuis "Verre cassé", il s'est fait une place dans la littérature et dans les médias.
Omniprésent sur les émissions littéraires de la radio et de la télévision, il a son blog et son site (tous deux à visiter absolument) dont j'ai extrait cette bibliographie. Il nous avait permis en 2006 d'éditer, pour CARNAVALESQUES quelques uns de ses textes.

Alain Mabanckou est né le 24 février 1966 au Congo Brazzaville. Fils unique, il a perdu sa mère en 1995 et son père en 2004. Son enfance se passe à Pointe-Noire, capitale économique du Congo, ville côtière, où il commence des études primaires et secondaires et obtient un baccalauréat option Lettres et Philosophie.

Comme le voulait sa mère (elle le dédiait à une carrière de magistrat ou d’avocat), il commence des études de Droit à Brazzaville, puis en France, à l’Université Paris-Dauphine (Paris IX) où il obtient un DEA en Droit des affaires.

La Lyonnaise des Eaux – aujourd’hui SUEZ – l’engage alors comme conseiller, et il occupera ce poste pendant une décennie. Parallèlement il publie des livres de poésie couronnés par le Prix Jean-Christophe de la Société des poètes français, puis fait paraître un premier roman en 1998, Bleu-Blanc-Rouge, qui lui vaut le Grand prix littéraire d’Afrique noire.



Il bénéficie d’une résidence d’écriture aux Etats-Unis en 2001, démissionne de la Lyonnaise des Eaux lorsque l’Université du Michigan lui propose le poste de Professeur des littératures francophones en 2002.

Il y enseigne pendant 4 ans avant d’accepter l’offre de la prestigieuse Université de Californie-Los Angeles, UCLA, où il enseigne actuellement au Département d’études francophones et de littérature comparée. Alain Mabanckou est récipiendaire de la bourse la plus prestigieuse des Humanités de Princeton University (USA) au titre de "Fellow in the Humanities Council and the French and Italian department".

Verre Cassé – roman paru aux éditions du Seuil en janvier 2005, largement salué par le public et la critique, adapté au théâtre, traduit dans une demi-douzaine de langues – a été un événement littéraire en France et dans le monde francophone.

Ce livre a reçu la même année le Prix des Cinq continents de la Francophonie, le Prix Ouest-France /Etonnants Voyageurs et le Prix RFO du livre. Sélectionné par le jury du Prix Fémina, Verre Cassé a été finaliste au Prix Renaudot 2005.

Mémoires de porc-épic, (Seuil 2006) a reçu le Prix RENAUDOT 2006, le Prix Aliénor d’Aquitaine 2006 et Le Prix de la rentrée littéraire française 2006

Le 8 janvier 2009 a paru Black Bazar aux Editions du Seuil, roman classé parmi les 20 meilleures ventes de livres en France ( listes de L’Express, du Nouvel Observateur, de Livres Hebdo, de Datalib)


Il est à NANCY le 24 février

NANCY : Alain Mabanckou "Black Bazar" (Ed. Seuil). Le 24 février  A 18 h 30, à la Librairie L’Autre Rive, 19 rue du Pont Mouja. Organisée par le Forum IRTS-Lorraine. Tél. 03 83 93 36 90.
Par michel-dani alain
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