Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 18:20







Alain Mabanckou, prix Renaudot 2006, a eu la gentillesse de nous envoyer des poèmes qui sont parus dans notre anthologie Carnavalesques  éditée en 2006.
Nous vous présentons ci-dessous un extraits de ses poèmes, ainsi qu'une "lecture-critique" rédigée par Alain Gnemmi, et une courte bio et bibliographie.


Nos félicitations à l'artiste.



j’emprunte à l’oiseau

l’incertitude du prochain buisson

 

je ne sais quel temps il fera

de l’autre côté de la migration

mais le monde s’ouvre à moi

riche de carrefours

 

que l’envol me porte

me porte encore loin de la clameur

loin de la basse-cour

loin des coqs dressés pour le combat

 

ne pas changer de nom

d’embranchement

rester homme jusqu’au bout

tant que les arbres s’enracineront

à la terre

......

Poète, romancier, chroniqueur littéraire, Alain Mabanckou, né en 1966 à Point-Noire (Congo), commence des études de Droit à l´université Marien Gouabi de Brazzaville et les poursuit en France à l’université de Paris-Dauphine. Titulaire d´un DEA en Droit des Affaires (Université de Paris-Dauphine 1993), il devient conseiller dans une filiale du groupe Suez-Lyonnaise des Eaux à Paris.

Parallèlement, il produit et anime des émissions culturelles à Média Tropical. Près un ouvrage de jeunesse, Au jour le jour (Maison rhodanienne de Poésie, 1993), c'est L'Usure des lendemains qui le révèle, ouvrage couronné par le Prix Jean-Christophe de la Société des Poètes Français et édité par l’Harmattan, maison d'édition où il a occupé le poste de directeur littéraire,

Il a enseigné la littérature à l’Université du Michigan pendant quatre ans et vient d’accepter un poste de professeur de littérature francophone à l’Université de Californie Los Angeles (UCLA).

Il est l’auteur de cinq romans, six recueils de poèmes et de plusieurs nouvelles,Il a reçu en 1995 le prix de la Société des Poètes Français ; en 1998 le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire.Personnalité des congrès et des salons du livre, il manifeste un intérêt particulier pour l'Amérique du Sud et le Maghreb,
Pour lui, la poésie se meurt, l'oublier consisterait à " non-assistance.. à poésie en danger ".


Choix bibliographique :

poésie
    La légende de l'errance, éd. l'Harmattan, 1995
    L'usure des lendemains, éd. Nouvelles du sud, 1995.
    Les arbres aussi versent des larmes, éd. l'Harmattan, 1997.
    Tandis que les arbres s'enracineront dans la terre, éd. Mémoire d'encrier, 2006.

 Lire la poésie d' Alain Mabanckou

 

Alain Mabanckou  est l’enfant chéri de la francophonie, après le succès de Verre cassé (éditions Le Seuil). Performance narrative remarquée, remarquable, les articles de la presse lui assurent le Prix des deux Amériques en 2005. Grâce à ce succès public, la ponctuation du français est remise en question. L’auteur est allergique au silence, amateur de l’ellipse, et du registre carnavalesque, il inverse à plaisir les niveaux de langue. D’abord poète, il est fortement marqué par les influences de Juan Jarroz et Adonis et accapare quantité de pages de la littérature mondiale. Le Syllabaire de Mamadou et Bineta  puis le manuel Lagarde et Michard  l’avaient traumatisé durant sa scolarité. Le poète ignore “l’usure des lendemains ”. Ses recueils publiés à l’Harmattan montrent sa volonté de dépasser le ton confidentiel. Les arbres versent des larmes  relève d’une longue narration en strophes ou laisses : c’est une démarche absurde, une atmosphère de malaise comparable à l’aventure vécue par les personnages de Kafka, mais sur un mode épique. Le roman, où il excelle désormais, n’a rien d’un reniement de son genre de prédilection, il lui permet de renouer avec la veine baroque généralement décriée dans la production éditoriale de langue française.

 Le référent politique et social est toujours rappelé dans son œuvre. C’est aussi le cas pour les auteurs de la génération précédente, Emmanuel Dongala, Sony Labou Tansi, pour les Nigérians anglophones, Wole Soyinka ou Ben Okri. Mabanckou réagit, de manière chronique, aux épiphénomènes occupant les gros titres de la presse : “ problèmes de banlieue ”, “position esclavagiste” de Napoléon 1er. Qu’il soit de la responsabilité du politicien ou de l’historien, le passé collectif n’est pas son affaire. Il représente plutôt le facteur francophone sans cesse entre les nouveau et ancien mondes, gabier de l’esthétique noire actuelle, participant aux colloques internationaux. Il a remanié et tropicalisé le best seller de Breat East Bretton, sous le titre African Psycho (maintenant en livre de poche).

Alain Gnemmi

 

Partager cet article

Repost 0
Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
commenter cet article

commentaires