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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 22:32




L'aurai-je oubliée?

Notre amie et soeur ivoirienne, venue nous rendre visite à Epinal en 2006 et dont nous avons édité ces poèmes dans CARNAVALESQUES-original


aux portes du monde en miettes

cette peau si visible si refoulée cette peau infinie

 ou toute la différence affichée

 comme  pagne tacheté de noir

 malheur et  mort à portée de main

 et fenêtres fermées

à l’orée de toute rencontre inespérée

*** 

cercle de  méfiance sans raison 

cercle du rejet à fleur de peau

consonne et voyelle jetées par la violence des saisons

 entre les mains de l’histoire

  brisé le sortilège de la peur depuis des siècles

 sans le vouloir peut-être

et les sangs se sont mêlés dès l’aube des violences

les humains se sont croisés

 contre  lois et raison conquérantes

sans rencontres sans paroles

les sangs se sont rapprochés

pour l’énergie et le souffle de la vie

 ***

peut-être le ciel est-il toujours complice

 arpenteur des fouets en sang

tisseur des brèches en flammes

dompteur des brûlures en éveil

à fond de gorge immergée de violences

*** 

ô ciel pour tous

 panse ces douleurs  anciennes sans haine ni rancœur

 brise le cercle aux mains moites de peud’où viennent leurs pas intermittents

dans cette ville cosmopolite

 près de cette gare qui mène ailleurs

sur des chemins où tous les trains du monde

 racontent des histoires d’amour

 ***

il n’était pas  Consonne ni elle  Voyelle

 l’un et l’autre jetaient par-dessus la rive déferlante

 leurs mémoires vives

 et miettes d’histoires tissées ailleurs

parmi les flots de rire parmi la foule  indifférente

près des arbres toujours seuls

jamais leurs pas n’étaient  ensemble

les héros de ces trains qui partent et reviennent

peut-être construisaient-ils cette troisième voie

 près de ces rails parallèles

là où rencontre rêvée est  non-lieu

hors  temps indéfiniment imparti

troisième voie venue des astres

carrefour dessiné en silhouette de  Grande Ourse

 

 

 

Tanella BONI

extraits de :  Le don toujours à venir (inédit, 2005)

 

 

Tanella Boni

 

Née à Abidjan  (Côte d’Ivoire) en 1954, Tanella Suzanne Boni, après le Lycée Cocody d’Abidjan, poursuit ses études supérieures à Toulouse  puis à la Sorbonne à Paris.

Elle est professeur de philosophie à l’Université d’Abidjan (1979) et obtient à Paris le titre de docteur ès lettres en 1987. Professeur des Universités en 1994, elle préside l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire de 1991 à 1997. Membre de l’Académie Mondiale de la Poésie, Directrice de la Francophonie au Ministère de la Culture de 2000 à 2002, organisatrice du Festival International de Poésie d’Abidjan de 1998 à 2002, ambassadrice de la littérature africaine, des arts et d'un renouveau africain reposant sur le dialogue et la tolérance, elle est aussi membre du Groupe d’Etudes et de Recherches sur les Mondialisations (GERM).

Romancière, poète, nouvelliste et critique littéraire,  elle écrit aussi pour les enfants.

 

Choix bibliographique :

 


Labyrinthe, poèmes, éditions Akpagnon, 1984.
Grains de sable, poèmes, éd. Le bruit des autres, 1993.
Il n'y a pas de parole heureuse, poèmes, éd. Le bruit des autres, 1997.
Chaque jour l'espérance, poèmes, éd. L'Harmatttan, 2002.

Ma peau est fenêtre d’avenir, éd. Rumeur des Ages, 2004.

Gorée île baobab, coéd. Le bruit des autres/ Ecrit deS forges, 2004

 

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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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