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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 20:38

La place Saint Sulpice : la fontaine et la statue de Fénelon



Rencontre : Alain et Seymus Dagtekin.



       Le Marché de la Poésie de Paris se tient tous les ans au mois de juin place Saint-Sulpice. Créé par l’éditeur Jean-Michel Place et organisé par l’association CIRCE, cette incontournable manifestation réunit, sur une place relativement petite et dans des baraques de bois pittoresques, quelque 500 éditeurs et plus d’une centaine de poètes pour la rencontre annuelle d’un public estimé l’an passé à 50 000 visiteurs.

Depuis 2005 l’événement s’étale sur tout le mois de juin et couvre 23 lieux qui proposent 30 manifestations, performances, rallye poétique, cinéma en passant par des lectures et même un bal !

Cette année encore les éditeurs lorrains «  de revue et de création littéraires » étaient présents, grâce au Centre Régional du Livre de Lorraine, regroupés dans les stands D13 et 14 : la Maison Close, Aspect, La Dragonne, Hermaphrodite et Le Mort qui trompe, certains déjà bien connus sur la place.

Le Marché de la Poésie, c’est plus qu’un « encore-un-salon-du-livre ».

C’est une sorte de Comice "poéticole", sans les discours ni les médailles qu’on accorde aux plus belles productions, mais avec cet esprit de curiosité, de satisfaction « devant la belle ouvrage » comme ces livres d’artistes, rares, ces recueils à la typographie irréprochable que donne l’impression à l’ancienne, ces ouvrages calligraphiés sur des papiers de qualité.

C’est aussi le moment des rencontres : celles des auteurs car rien ne remplace le contact personnel, hors du bureau et mieux encore loin du téléphone et d’internet - et de leurs éditeurs ; celle des auteurs et des auteurs –certains, qui écrivent dans les mêmes revues ne se connaissent pas ; enfin celle des poètes et de leurs publics (au pluriel, car les intérêts sont si divers)- venus pour une dédicace ou simplement pour une conversation ou l’écoute d’une lecture sur le podium.


Barbes en collier, moustaches, cheveux longs devenus rares, chapeaux parfois, et parfois écharpes , ou les deux, tons gris jusqu’au noir, parfois pastel pour les hommes, livrées plus diverses pour les femmes, on reconnaît d’un coup d’œil la galaxie des artistes et de leurs périphéries culturelles. Pas décidés ou valses hésitantes, démarches, soucieuse de l’auteur en quête, lente du vrai promeneur promenant qui sa canne, qui son chien, couples de divers attelages -femmes devant ou derrière, l’homme qui la cherche, qui s’installe dans l’attente, fixe comme un mât- décidément le Marché de la Poésie est aussi un spectacle dont le poète –je pense à Jules Renard et à d’autres, plus prolixes et moins courtois – et le caricaturiste – Daumier, bien sûr -ne se lasseraient pas .

On peut croquer par sympathie : Adam l’a fait.

Olivier, William, Fred, Danièle et Valérian toujours présents dans le stand, certains avec quelques ouvrages, d’autres déjà à la tête d’un riche catalogue, accueillent auteurs et futurs auteurs, présentent leurs ouvrages, prennent des contacts avec diffuseurs, libraires et collègues. Passent au stand des poètes connus, Guy Goffette, Tahar Bekri, Georges Emmanuel Clancier, Danièle Corre, des nouvellistes –Jean Marc Agretti - des plasticiens –Jean Michel Marchetti- des éditeurs, Roland Chopart d’   Aencrage & Co, Alexandra Fixemer des éditions PHI et bien d’autres.

On continue alors une conversation commencée dans un autre salon, parfois l’année précédente…


Vitrine bien sûr pour la Lorraine que ce Marché de la Poésie, dont les jeunes éditeurs lorrains reviennent avec moisson de contacts et de projets , articles et promesses pour leurs revues –Singes, Carbone, Carnavalesques- et une énergie renouvelée, il en faut, malgré la fatigue de trois jours de travail. Car les « affaires » -il faut bien vendre pour pouvoir continuer à éditer – vont bien, grâce à des visiteurs nombreux : plus nombreux sont les amateurs de livres qu’on ne croit, le Marché le démontre une fois de plus.

Des anecdotes enfin : celle de cette dame et artiste, qui, signant un chèque à l’ordre de « La Maison Close » souhaite qu’on lui en fasse parvenir une photocopie car, dit-elle, «  c’est en soi une œuvre d’art, que je n’aurais jamais cru signer un jour, un chèque à une « Maison Close ».

Et, pour répondre à William qui s’interrogeait sur cette « sacrée gravité » qui permettait la chute d’un recueil de son étal savamment organisé : même les chutes sans gravité ne se font pas sans gravité.



(La suite après la météo, exécrable les jeudi et vendredi)


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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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