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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 00:24
Un nouveau livre de Danièle Corre, prix Max Jacob 2007
Auteur de la Chronique : Béatrice Libert
Catégorie : Poésie française
Date d'insertion : 2010-01-18  -  Date de modification :2010-01-18

Danièle CORRE, Comme si jamais personne, Nancy : Editions Aspect, 2008.

D’après l’auteure de « Enigme du sol et du corps », Prix Max Jacob 2007, « Nous cherchons quelque faille/d’oubli, quelque rire/légendaire/où loger nos os. » Sans doute, cette quête a-t-elle pour nom, poésie. Mais comment définir celle de Danièle Corre ? Poèmes mûrs, accomplis, sans excédent, debout sur la page comme stèles, témoins d’instants, de doutes, d’éblouissements. Ce qui frappe d’emblée, c’est la dualité mobile/immobile. Comment s’arracher à la pesanteur ? Le poème (nous) élève. Aux gisants, aux morts vivants s’opposent ceux qui croient et questionnent :

On rencontre tant de vivants
qui passent entre les arbres,
traversent les portes,

qu’on s’étonne
d’une parole pétrifiée,
érigée sur les places publiques.

Danièle Corre intègre toutes les vies en elle : roches, fruits, fleurs, racines, rivières… « Le souffle, dit-elle, croit encore à la croissance des fleurs ».

Femme d’action mais aussi, à sa manière, philosophe (« Aurai-je une joie/à te montrer,/encore empaquetée/de papier neuf(…) ?), elle veille, gardienne du temple humain, « comme si jamais personne » avant elle n’avait battu le rappel des mots. Alors, elle conduit, abandonne, range, vérifie, ouvre le coffre des paroles incandescentes. Elle traverse « la suie des deuils », face à l’indifférence de ce qui l’environne.

Rarement long, le poème ponctué, nourri d’une langue fluide, peu métaphorique s’accorde pour mission de conjurer le malheur, la douleur.

Les peines familières
ont pris leurs bagages,
leur carnet, leur crayon

pour s’alléger de nuit,

tirer un trait
sur les vieilles traces,
tisonner
les dernières nouvelles.

On sort de ce livre, empli de silences murmurants, avec la conviction d’avoir marché auprès d’une poète qui « rend le monde habitable ».

 

Béatrice LIBERT
Liège, 25 juin 2009.

 

article paru  sur le site de la Maison de la Poésie de Namur, que nous remercions, et dont voici le lien.

Pour découvrir avec nous l'un des sites les plus intéressants sur la poésie contemporaine et toutes les initiatives de ce centre culturel dynamique de la ville de NAMUR

http://www.maisondelapoesie.be/chronique/chronique.php?id=280

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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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