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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:28

"Le destin devait en décider autrement"...

Nous sommes arrivés à l'hôtel de Saint Louis le mardi vers 14 h 30.

Moins d'une heure après, coup de téléphone de Demba : son fils Barka est décédé le même jour dans un accident de la route sur la route de Dakar au niveau de Louga. Emotion. Après tant de moments si intenses -et beaucoup de fatigue pour le vieil ami -  tant de tristesse.

 

(Nous avons vu les deux véhicules en redescendant quelques jours plus tard à Dakar : le 4X4 que conduisait Barka Sy avai été heurté par un autobus  remontant de Dakar et dont le pneu avant gauche avait éclaté. Le choc avait été rès violent : la cabine du 4X4 avait été complètement écrasée.)

 

Il n'était plus possible pour Demba de venir assurer la présentation de son livre à Saint Louis.La famille est remontée à Podor pour les funérailles qui, chez les musulmans, sont très proches du décès.

Nous prévenons Didier Moniote, le directeur du Centre Culturel Français, et  Alpha Sy, qui doit présenter l'ouvrage. La rencontre avec l'association des écrivains de Saint Louis est maintenue, et nous faisons connaissance. Décidément, Saint-Louis, ancienne capitale, s'accroche à ses valeurs culturelles, dont nous reparlerons sans doute.

DSCN1362

 

Saint Louis : l'entrée du Centre Culturel français

 

La découverte des mémoires de Demba Sy par le public de Saint Louis au Centre Culturel fut un autre moment fort de notre séjour. Une trentaine de personnes étaient présentes, des écrivains, des parents et amis bien sûr, et quelques jeunes gens. La présentation de l'ouvrage et de l'auteur par Alpha SY, écrivain et philosophe, permit à chacun de situer l'oeuvre, les époques, la démarche du mémorialiste, infirmier de profession, grand lecteur devant l'Eternel,  écrivain par accident, curieux de tout, toujour faisant preuve d'initiatives.

 

" Nous étions ses fans, et il était notre héros"

 

Nous avons lu de nombreux passages du livre, aidés en cela par Louis Camara, écrivain et conteur, dont la voix plus authentiquement sénégalaise que la nôtre, suppléa si bien à l'absence de Demba.

Le moment des échanges avec le public  permit de rencontrer quelques unes des personnes qui avaient cotoyé Demba jeune, tel ce Podorien demeurant à Dakar venu tout exprès à la rencontre de l'auteur - et attristé de ce décès .

" Nous étions ses fans, et il était notre héros"

  Âgé de 70 ans, il témoigna de l'influence de l'entreprenant Demba sur la jeunesse podorienne : la première mobylette, la première moto, la première automobile "africaine" de Podor, c'était lui. Et, les souvenirs remontant à la surface (du fleuve Sénégal) nous avons appris que nous étions en face d'un nouveau témoin d'une aute époque : ce monsieur avait fait son baptème de l'air  - comme le voulait la coutume podorienne de la remise des prix scolaires - dans l'un des hydravions qui apportaient le courrier !

La conversation s'est prolongée, que j'écourte ici.

Mais le soir, dans la rue, nous avons été accosté par l'un des jeunes gens présents au Centre Culturel, qui nous a dit combien le témoignage de Demba lui avait apporté de réconfort, quand il reconnaissait dans la relation de Demba avec sa femme Mathy la même relation qu'avait eu son père avec sa mère, seule épouse, malgré les pressions et le désaveu de sa famille. Conversation étonnante et si pleine de sincérité dans une rue de Saint Louis, quand la nuit tombe d'un ciel un peu rose.

 

Je raconterai demain le retour à Dakar et la visite à la si belle et pourtant si tragique île de Gorée.DSCN1351

Saint Louis : les barque de pêche en mer

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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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