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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 18:39

Umar Timol naît le 1er août 1970 à Réduit (Île Maurice). Sa mère, Sarah, l'initie à l'amour des livres ; il dit n'en être toujours pas revenu. Après quelques années sur les bancs du John Kennedy College à Beau-Bassin, Umar Timol part poursuivre ses études à l'université de Londres.

Au cours de ses études, il découvre Anita Desai, Césaire, Lautréamont, Rumi, Edward Said, Chomsky, David Lodge, Alain de Botton et bien d'autres auteurs. Enflammé par la lecture de Baudelaire, il envisage de se mettre à l'écriture poétique, mais se juge préalablement trop présomptueux. De retour à Maurice en 1993, il chôme pendant quelques mois, exerce par la suite divers métiers avant de mettre sur pied une petite entreprise.

Grâce au soutien du poète Sedley Assonne, Umar Timol publie en 1998 ses premiers poèmes dans les pages culturelles du quotidien mauricien, L'Express. Il contribue ensuite des poèmes à l'Anthologie de la nouvelle poésie mauricienne, recueil de 1999 qui réunit les textes de cinq jeunes poètes mauriciens. En 2003, L'Harmattan, dans la collection Poètes des Cinq Continents, édite sa Parole Testament, avec une préface d'Ananda Devi. En 2004, il publie un poème d'inspiration mystique, Sang (L'Harmattan).

Si Umar Timol affirme que « la littérature est un impératif de vie et de sens », il reconnaît que « c'est un travail ardu qui réclame de l'abnégation et de la persévérance ».

Le poète vit avec sa femme Shaheen et leurs deux enfants, Soufyaan et Maariya, à Beau-Bassin.

L'ambition du poète, dit-t-il, « est de parvenir à publier quelques recueils de qualité avant d'aller croupir parmi les vers... [Son] rêve, inavouable et dérisoire, est de laisser une trace ».

(biographie extraite du site île en île, site incontournable pour ceux qui aiment la poésie insulaire (?)

Umar Timol, qui a contribué au numéro spcial de CARNAVALESQUES 3 îles de l'Océan indien3, nous envoie régulièrement des inédits qu'il nous permet de partager sur le blog

Poésie vigoureuse, parfois lyrique, riche par ses contenus et sa fomre, elle ne laisse pas indifférent : Umar Timol est une "plume" originale, toute de passion et de conviction. nous somme fiers de partager avec vous ces quelques inédits.

VOICI LES TEXTE ENVOYE POUR LE NOUVEL AN 2014

 

nous ne pouvons forger des fidélités au-delà des abîmes, nous ne pouvons altérer le bavardage de la peste car nous sommes tous des pestiférés, nous ne pouvons nous affranchir du rituel des os et du linceul, nous ne pouvons étreindre la soie de l’autre à force de vouloir, nous ne pouvons calfeutrer la misère dans les plis de toute chair insoumise, nous ne pouvons proclamer la présence de la matière alors que le temps subvertit son souffle, nous ne pouvons garnir le regard de l’autre des festins de nos possibles, nous ne pouvons blesser ce rivage lavée par la houle et son sang, nous ne pouvons défaire les hérésies de la décrépitude, nous ne pouvons rompre le carnaval de l’infini qui nous renvoie à ce que nous sommes, sans doute rien, nous ne pouvons entreprendre de méconnaitre la férocité de nos absences, nous ne pouvons asservir le mystère selon les arcanes de notre savoir, nous ne pouvons dévoyer les cauchemars qui enserrent nos hurlements,

nous ne pouvons que dialoguer avec cette lumière, ornée de la voilure de l’éphémère, qui parfois nous effleure.

umar 01/01.2014

 

 

Umar Timol texte du 1 octobre 2007-10-01

 

ll veut retourner sur ses pas pour corrompre son passé, pour le rendre plus transparent, plus malléable, pour limer ses brisants, pour aplanir ses fissures, se défaire de tout ce qui l'assaille, de cet acide mal digéré qui ronge sa gorge mais c'est un combat inutile, il le sait, toujours perdu, comment transmuer le passé alors qu'il arrive à peine à saisir le présent, il veut éloigner la mort, il n'en a pas peur, pas vraiment, mais la mort résilie tout, détruit tout, la mort n'est sous la tutelle d'aucune règle, d'aucune morale, elle ensauvage la force, celle qui ravage tout, elle est l'amie du temps et du sang et alors il s'égare dans le corps de cette femme, il le découvre, redécouvre à chaque moment, il l'explore, l'invente avec ses mains, sa peau, ses yeux, il ne sait rien faire d'autre, il n'est d'aucune appartenance, il n'a aucune ambition, il a quelques rêves mais ce ne sont que des squelettes qui jonchent le désert, il ne comprend pas grand-chose, il est peut-être un étranger, de passage ici-bas ou d'ailleurs mais peu importe car il parcourt le corps de cette femme, comme un fou, mais il n'est pas tout a fait fou, il est passionnément lucide, il orfèvre et ordonne la beauté de son désir, il ne peut pas, ne veut pas s'arrêter, il épouse sa jouissance dans la courbe sombre de ses seins, il la dessine avec ses fièvres qui ne reconnaissent aucun rivage, il se glisse dans l'onde onctueuse de ses souvenirs, parcourt les empreintes de ses absences et il vomit aux confins de ce vagabondage des mots forts, toujours plus forts, des mots comme de la lave, qui s'insinuent partout, des mots si forts qu'ils déforment le temps, si beaux qu'ils ébranlent les fondements du monde, qu'ils transpercent la pierre qui sommeille en tout être, qu'ils éveillent un ouragan qui puise son sens dans une mer infectée, et il sait, mais ce n'est pas de la prétention, qu'il arrive à engranger dans ses paumes ouvertes tout ce qui est disséminé, dispersé, qu'il arrive à jouer avec les mots, à faire des choses avec, à créer, parfois, très rarement, de la beauté, il sait cette offrande précaire, dérisoire et finalement illusoire mais il veut l'explorer, la fouiller, aller plus loin, aller vers ses limites car il ne sait pas, au fond, quels sont ses limites, jusqu'où les mots peuvent le mener ou plutôt jusqu'où peut-il mener les mots et alors que ses lèvres soutirent le peu de bleu de sa peau, ses restes fracturés, il laisse, dévaler en lui, comme un torrent, les mots, des mots si virulents qu'il a envie de crever là  maintenant, qu'il a envie de gueuler, de hurler, mots qui se mêlent et démêlent, mots qui deviendront, un jour, il le sait, demain ou dans des siècles, musique, musique qui descellera la chair qui nous unit à la terre, musique comme une incantation qui nous épuise par un trop grand étalage de beauté, musique qui danse dans l'ornière des nuits et recueille les flamboyances qui affranchissent le jour, musique qui s'immisce dans l'espace entre les lettres, musique comme une implosion qui leur donne un rythme différent, qui accélère, décélère, qui part, revient, qui s'élève au plus loin, s'enfouit au plus bas, qui s'en va à tous les vents pour revenir toujours au lieu de départ, musique qui proclame que l'osmose des mots se tisse dans les plissures de sa chevelure, que les mots n'ont de sens que dans la douleur partagée, qu'ils sont lumière qui assouvit de grâce une parcelle d'ombre, lumière qu'on ne peut s'empêcher de voir, qui nous brise à tout jamais et qu'on oublie aussitôt.

 

 

Ceci n'est pas un poème

Ce sont des mots égarés sur la page

Ils ne servent pas à grand-chose

Mais rien ne sert à rien

Enfin pas vraiment

Personne ne sait vraiment

 

Ceci n'est pas un poème

Ce sont des mots qui veulent dire quelque chose

Quoi ?

Personne ne le sait vraiment

Mais ils tendent vers quelque chose

Ils semblent vouloir indiquer un sens quelconque

Mais je n'ai pas tellement envie de savoir

Pas aujourd'hui du moins

 

Ceci n'est pas un poème

Il ne va pas vous parler de fleurs

Même si j'aime bien les fleurs

Ni des enfants qui souffrent

Même si j'aime bien les enfants

Encore moins de l'amour

Même si j'aime bien aimer

Il va vous parler de quelque chose

Mais de quoi

Je ne sais pas vraiment encore

 

Ceci n'est pas poème

Je le répète

Je tiens à le dire haut et fort

Ce ne sont que des mots égarés sur la page

Je ne vais pas essayer de vous bouleverser

Je ne vais pas vous parler

De ses yeux plus bleus qu'un feu de minuit

C'est pas très utile ou malin

 

Ceci n'est pas un poème

Mais il ne peut s'empêcher

De naître sur la page

Je n'y peux rien

Il est un peu plus fort que moi

Il est comme une bête enroulée dans ma tête

Qui s'efforce de transpercer mes doigts

Pour jaillir sur la page

Mais ce n'est pas une page

C'est un écran

 

Mais ceci n'est pas un poème

Je le répète

Je ne veux pas de ces images fulgurantes

Pas aujourd'hui

Enfin pas vraiment

 

Ceci n'est pas un poème

Je vous le dis

Je vous l'assure

Je ne mens pas

Quand j'écris je ne mens jamais

Du moins c'est ce que je crois

 

Ceci n'est pas un poème

Mais je n'y peux rien

Je l'écris quand même

 

C'est plus fort que moi

 

 


 

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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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