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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 22:12

 

Dans le cadre de ce Festival, une journée professionnelle, oraganisée par le C R L de Lorraine a réuni responsables de structures culturelles, notamment de bibliotèques et médiathèques autour de quelques invités de marque.

Un compte-rendu de la journée comme si vous y étiez (et nous y étions)

 

 

Le Festival du Film Arabe de Fameck (du 13 au 23 octobre)
   
Sur le théâtre du monde, le Festival du Film Arabe tient sa place depuis le 13 octobre.  Avec, pour cette année,  « un grand coup de projecteur » sur le cinéma palestinien. (cf le journal L’Estrade n° 15 d’octobre à propos de ce 22 ème Festival et du réalisateur Michel Kleifi comme figure de proue à Fameck).
 
 Pour la journée professionnelle du 14, octobre, les éditions Aspect ont répondu à l’invitation de Florence Gautier du Centre Régional du livre  de Lorraine et animatrice de la journée : « Poésie contemporaine : panorama, résidence d’auteur et médiation culturelle ».
 
Mme Martine Pringuet a proposé, après un café noir et des croissants à 10 heures,  un diaporama dynamisé pour la constitution d’un fonds de poésie. Tour à tour ont été présentés, dans un « photomaton » de la poésie francophone,  Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire enthousiaste devant les enregistrements de la voix et le magnétophone au début du XXe siècle … Isidore Izou, le pape du lettrisme, et plus contemporains : les poètes incontournables Yves Bonnefoy, Bernard Heidsieck et Christophe Tarkos. Et d'autres encore.
 
Mme Martine Pringuet a soumis son choix anthologique, dans lequel elle a retenu tout particulièrement « Le sac à dos, une anthologie de poésie francophone pour lecteurs en herbe » (éd. Le mot et le reste).
 
A
près une matinée bien remplie avec la visite de Jean Portante, Luxembourgeois (tenue sombre mettant en valeur son écharpe rouge), - auteur en résidence à la médiathèque de Florange -,  les invités  se sont rendus au couscous convivial, parfait, accompagné du thé mauresque peu sucré et très aimablement servi.
 
Jean Portant a déclaré : « Aucun médium ne change l’écriture… Le passage de la main à la machine à écrire  a installé pour toujours une distance. Tout le vingtième siècle, c’est la machine à écrire…  debout, assis, couché. Debout, Hemingway écrivait debout. La touche poubelle de l’ordinateur c’est ce qu’on appelle communément la poubelle à papier… On peut se servir de n’importe quelle technologie, tout dépend de ce qu’on en fait. Pour l’écrivain, la technologie ne change rien. Pour le lecteur, au contraire, ça change… »
 
Jean Portante a connu une première publication à travers la maison d’édition Caractère. Il est passé de la poésie au roman après un séjour de 3 ans à à Cuba, avant « Mourir à Differdange». Il a également écrit des essais, cet essai sur Ginsberg, vécu dans le Chelsea hôtel, l’hôtel des poètes, publié cinq pièces de théâtre et un « journal intime « d’Italie.
 
Prix Mallarmé, pour lui «l’échange langue c’est la langue baleine ». La baleine efface sa forme et en prend une autre… «  Petit à petit mon écriture est devenue une série d’effacements. J’ai pris l’habitude de mettre un mode d’emploi dans le livre…  La réinvention de l’oubli. Le tremblement de terre (de l’Aquila) a provoqué le tremblement de la langue. Qu’est-ce que la langue qui a tremblé, qui n’est plus que l’ombre de lui-même. L’oubli est la plus parfaite des mémoires. La mémoire est faite de mots. Le mot n’est pas une chose. La mémoire efface ce qui s’est passé. Les fresques disparaissent, elles sont effacées dans l’oubli par la lumière. »
 
L’après-midi a constitué le morceau de bravoure avec M. Jean-Charles Depaule, traducteur, chercheur au CNRS et revuiste surun sujetparticulièrement intéressant : la poésie arabe contemporaine.
 
Expatrié pendant des années au Caire, M. Depaule était le plus compétent pour évoquer  les problèmes linguistiques, l’importance de l’arabe classique, l’évolution de la poésie arabe depuis le VIII e siècle, avant sa renaissance aux XIXe et XXe siècles.
 
Les poètes palestiniens contemporains en utilisant l’arabe véhiculaire se sont débarrassés du carcan formel de la tradition littéraire. Considérés par beaucoup comme sulfureux, ils embrassent une cause militante, parfois à leurs risques et périls (on pourrait dire : souvent).
 
M. Depaule a lu et commenté les écrivains de la révolution du poème en prose,  « le poème prosé »,  et défendu en tant que traducteur et  poète lui-même,  Ghassan Zaqtan, anthologiste bilingue, représentant la génération des auteurs nés dans les années 1950 qui, par leur contenu et leur rythmique, renouvellent la thématique d’un patrimoine culturel injustement méconnu (voir le catalogue de la collection Sindbad, et celui du Castor Astral).
 
Vers dix-sept heures, l’assemblée s’est rendue dans la salle de cinéma de la ville voisine où était projeté le film de Michel Kleifi,
Zindeeq, tourné en 2009. Michel Kleifi est le cinéaste palestinien palmé à Cannes pour Noce en Galilée(prix de la critique internationale en 1987).
 
Monde dérisoire entre fourmis israéliennes et palestiniennes,entre blattes et cafards, cafards et blattes, entre Ramallah et Nazarée…
 
Fameck, pendant dix jours chaque année, c’est un point allumé dans l’immensité du monde. Un petit village à la façon de celui d' Astérix - le baba khôl - qui se gratterait d’abord le nombril avant d’entamer la danse du ventre.
 
Alain Gnemmi

 

Nos remerciements pour l'accuiel à toute l'équipe du Festival, et notamment au personnel de cuisine et de la salle à manger.

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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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