Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 22:08

 

Afriques au salon du livre Americo Vespucci (St Dié du 6 au 9 octobre 2011).
   
 
Le ciel couvert est habituel dans la Déodatie des Vosges après avoir franchi  le col, après Bruyères, sa place, son lycée Jean Lurçat, son climat idyllique ; il est  bon de se couvrir d’une petite laine  si on souhaite  marauder autour des stands du salon de la gastronomie, passer éventuellement commande de plats ou de vins du Roussillon,  et déguster du sirop de myrtille. Chacun de son côté  apprécie une approche toute en finesse : le commerçant invite à la dégustation, le client se laisse un peu tirer par l’oreille, puis ils se mettent à discuter ensemble comme s’ils se connaissaient depuis longtemps.
 
 La tour de la liberté, repère  emblématique des flâneurs, du ban et de l’arrière-ban vosgien surtout en début d’après-midi avant l’afflux du public attiré par les bruits de tambour africains, qui résonnent vers dix-sept heures : une construction métallique, un mirador peint en blanc, une sorte de Beaubourg en modèle réduit  se dresse, hautaine, aux pieds finalement humains  – la liberté rappelle une grande dame avec une robe à volants, et des chaussons transparents pareils à des méduses.
 
Inauguration officielle. Le député du coin sourit devant les flashs des photographes. Les électeurs le regardent embrasser et choyer démonstrativement  les invités Rwandais.
 
Rencontres inattendues. Abdelkader Djemai en imperméable aussi familier que celui  de l’inspecteur Colombo  sort d’un débat et se rend dans un autre où il interroge des auteurs chics dépaysés  par l’atmosphère bon enfant de ce « trou provincial ».
 

Photo 2011 juin 178

Abdelkader Djemaï

le 5 octobre, pendant la conférence donnée sur la littérature algérienne actuelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre un essai sur Matisse  publié dans l’année et un témoignage sur Oran au temps de l’ OAS qu’il s’apprête à rendre à son éditeur,  le très chaleureux Abdelkader accepte avec entrain de s’asseoir dans un bar popu voisin du festival et de prendre une mousse. Il poursuit d’année en année une campagne électorale involontaire (il deviendra peut-être  un jour maire ou député de St Dié, mais il ne le sait pas encore).  Les clients l’ont adopté depuis des années, puisque Abdelkader Djemai revient  régulièrement en tant qu’animateur d’ateliers d’écriture dans la région. Peut-être sera-t-il maire de Nancy dans dix ou vingt ans (mais il ne le sait pas encore : il ne va pas consulter des voyantes, tireuses de cartes ou des astrologues…)
 
Alain Mabanckou, une casquette et une veste en jean bleu, se trouve emporté par la foule. Malgré sa grande taille,  toujours de bonne humeur et blagueur,  Alain connaît tout le monde, s’entretient avec un lycéen curieux de la littérature africaine ou haïtienne, répond  précisément à ses questions, sourit malgré le décalage horaire : citoyen du monde, poète autant que romancier, (comme Louis Philippe Dalembert) il reste simple, décontracté.  Une star, en quelque sorte. Avec un savoir-vivre que d’autres touchés par la grâce littéraire ont ma foi perdu, entre Paris et St Dié.
 
Alain est le James Baldwin lorrain, le Tintin des Vosges.
Un petit coucou à Roger du CRDP de Nancy (Annick Elias restée à Nancy, sans doute dans son « bahut ».)
 
Les conférences données dans une salle du lycée Jules Ferry ont mobilisé un auditoire attentif qui ne pinaille pas trop devant les diapositives projetées contre le mur, au-dessus de la tête  des conférenciers. Il est question de Saint-Domingue et de Haïti au XIX e siècle, au moment du démantèlement de Hispagnola…
 
 Entre le lycée Jules Ferry et la Mairie, c’est la queue dans les pâtisseries et les bureaux de tabac. La circulation est tranquille dans les rues s’il bien qu’on retourne sans encombre dans les lieux du Festival.
 
La romancière Hane Khadi, sur le stand de la librairie Le neuf, évoque son enfance passée au Sénégal, ravie de bavarder avec des touristes qui ont visité Podor et Richard Toll. Dakar n’est plus la capitale splendide des années 1965. Elle nomme avec nostalgie les romanciers africains de la négritude et des années d’indépendance : Sembene Ousmane, Cheik Hamidou Kane, Amina Sow Fall. Elle les connaît, ils étaient au programme durant sa scolarité à Dakar. Son roman est paru à la rentrée, il s’intitule Des fourmis dans la bouche (éd. Denoël).
 
Olivier Brun des éditions  de La Dragonne (Nancy) est venu pour la journée, il parle de son auteur, la colombienne Myriam Montoya et de son roman La fuite présenté au Livre sur la place en septembre.
 
Retour à Nancy, vers 20 heures. Coucher de soleil superbe sur l’autoroute, devant les essuie-glace : on croirait assister à plusieurs explosions nucléaires simultanées. Plus beau que dans le film Mélancholia de Lars Von Triers. Toutes les Vosges embrasées et anéanties en un soir d’octobre, ou bien Le Salon du Livre Amerigo Vespucci vient-il de s’enflammer après mon départ.
  
 Christian Samson, le 7 octobre 2011.

 

 

Photo-2011-juin-178.jpg

 

Abdelkader Djemaï, durant son allocution du 5 octobre. Fidèle à la Déodatie, il était au Salon du Livre sur le stand des éditions Le Seuil.

 

Photo 2011 juin 175

 

Bernard Magnier*, responsable de collection chez Acte-Sud, a animé une très belle rencontre autour des livres et de la littérature africaine. Spontanéité liée à une remarquable connaissance de l'histoire du livre en Afrique, un exposé vivant et enrichissant, indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à ce domaine.

 

*"Bernard Magnier, journaliste, dirige la collection Lettres africaines aux Editions Actes sud et programme le festival littératures métisses d'Angoulême. Il est également conseiller littéraire pour le Tarmac de la Villette, le Centre national du livre et la Bibliothèque Publique d'Information du Centre Pompidou, à Paris." extrait du site Africulture (indispensable !)

 

DSCN3157.jpg

Florence Gautier, directrice du Centre Régional du Livre de Lorraine, organisatrice de la journée professionnelle du 5 octobre 2011


Partager cet article

Repost 0
Published by michel-dani alain - dans éditeur de poésie
commenter cet article

commentaires