Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:42


                                                                           PODOR- Le Fort FAIDHERBE

Je proposerai de temps à autre des extrait du remarquable ouvrage de mémoire de Demba Assane Sy -que je salue au passage.
Aujourd'hui, la passion du cheval :
"

Le cheval était à l’époque le moyen privilégié pour se déplacer et seuls les nantis en possédaient. Le cavalier était reçu avec tous les égards dus à un hôte de marque et sa monture traitée comme tel. Pendant tout son séjour, il fallait veiller à ce que son cheval ne manque de rien pour qu’il soit en forme pour reprendre la route. Ce surcroît de travail nous était échu.


Petit à petit, le cheval a pris le devant sur l’école et, petit à petit, je suis devenu le champion de l’école buissonnière. J’avais plein d’astuces pour tromper mes parents. J’avais caché de l’encre dont j’enduisais mes doigts comme celui qui a passé toute sa matinée à écrire. Je rentrais à la maison après le son de la cloche de l’école que l’on entendait à plus de huit cent mètres à la ronde, en même temps que tous les écoliers. Si mes absences s’allongeaient, c’était surtout à cause de la peur des coups de bâton que je ne manquais pas de recevoir après chaque retour en classe.


Le cheval était devenu mon univers. Mon père, qui était le président de la société hippique, possédait deux chevaux de course. C’étaient deux gagnants. Mon père avait comme ami de travail le sergent chargé de l’ordinaire des tirailleurs. Ce sous-officier, originaire du Gard, aimait, comme on dit, faire du cheval et tous les dimanches matin, il venait de bonne heure à la maison me réveiller pour aller faire une randonnée en brousse. On lui sellait son cheval et moi, âgé de onze ou douze ans, je montais le mien pour servir de guide. Nous cheminions à travers sentiers et quand il commençait à faire chaud, on se mettait à l’ombre d’un fourré ou sur la berge du fleuve quand on était tout près. La musette de mon ami Gigue était toujours bien garnie de victuailles et j’attendais ces moments avec plaisir. On rentrait le soir quand le soleil commençait à décliner, contents de notre promenade équestre.


Ainsi, durant tout son séjour qui a pris fin en 1935, nous sommes sortis presque chaque dimanche. Et c’est avec lui que j’ai visité Guédé-Village, Doué et Dar-el-Barka en Mauritanie. Je garde encore un souvenir indélébile de cet ami qui avait continué à m’écrire en me racontant son congé en France, ses promenades et son mariage.

Où est-il allé après son congé ?

Qu’est-il devenu pendant la tourmente qui a suivi ?

J’ai écrit à son adresse à Avignon sans suite. Il ne me reste plus de cette ami que cette photo de 1935."

 

NB : il me semble qu'un réalisateur d'un documentaire sur le Sénégal porte le nom de cet officier français : serait-il de la famille?



 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by michel-dani alain
commenter cet article

commentaires