Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 14:55

Richard Rognet sera à la Médiathèque de Remiremont pour une lecture- rencontre ce vendrei 26 à 20 h.

 


N-B-ROGNET-1.jpg

 

Lire Richard Rognet

 

Ici une oeuvre se construit. Ce qui se manifeste, dans le travail de Richard Rognet, au rythme des publications – de l’Epouse émiettée à la récente trilogie – c’est le mouvement de la recherche, questions posées au monde, à l’homme, au sens, à la langue, à ces menus débris que le réel délivre, une déambulation dans l’à peine visible jusqu’à y rencontrer « la graine première ». Il s’agit de réconcilier les hommes avec leur quête intérieure, compte tenu des choses, des lieux, des situations : nature, fleurs, jardins d’Italie ou sculpture élémentaire (Le Transi), mais aussi les personnages qui habitent ces paysages. Compte tenu aussi du passage du temps et de son corollaire, la mémoire. Ce qui implique d’incessants retours vers l’enfance, de rappels de sensations, de plaisirs, d’événements qui sont à l’oeuvre dans ce présent qui est en train de se dire, comme autant de résurgences. La matière même de la langue est sujette à transformations : choix de formes versifiées ou au contraire de formes de prose, passage de prosodies privilégiant l’ampleur à des formes de plus en plus épurées ( Le Promeneur et ses ombres) , il n’existe pas d’a priori chez R. Rognet : sa langue (ses langues) poétique fonctionne comme piège ou comme filet à faire remonter au jour de fragiles fragments et des transparences, en une sorte de « dialogue avec l’éphémère ». Le monde intérieur est peuplé d’ombres et de présences intimes que le poème va faire se lever, peut-être mettre en forme, dans cet éparpillement des matières et des songes. Faire place à cette « cassure » primordiale sans laquelle le poème ne serait pas possible et fonde ce paradoxe que R. Rognet ne cesse de mettre à jour : la joie de rapatrier ce qui est toujours la marque d’une blessure. C’est grâce à ce murmure-là où retrouver la fragilité des commencements que R . Rognet parvient à interroger les « lieux que la lumière a traversés. ». Âpre bonheur de l’écriture de retourner aux lieux limpides. Tentatives réitérées d’établir l’espace du dehors et celui du dedans en un même lieu, mais tentatives qui sont peut-être « chimère(s) innommable(s) », « inanité », quête de l’impossible « à l’endroit même où circulent les insaisissables courants de la connaissance ». Il y a indéniablement , chez R. Rognet, une aventure métaphysique dont la sculpture de Ligier-Richier de Bar-le-Duc constitue la métaphore et le témoin, toujours ancrée cependant dans la matière du monde qui est aussi matière des songes.

Lire R. Rognet c’est aussi participer à ce voyage dans une écriture qui laisse parler à demi-mots les « papillons d’un instant / où passe la vie / comme la glissade d’un nuage ».

 

Alain Gnemmi

 

 

 

biographie

 

Richard Rognet vit dans les Vosges où il est né en 1942. Depuis 1977, il publie régulièrement, cherchant à faire entendre les diverses voix souvent opposées qui constituent son univers poétique.

Il a reçu, en te autres, les prix Max Jacob, Théophile Gautier, Apollinaire, et, pour l'ensemble de son eouvre, le grand prix de la poésie 2002 de la Société de Gens de Lettes et le Prix Alain Bosquet 2005.

Membre de l'Académie Mallarmé, il est traduit en italien, allemand, espagnol, bulgare, russe, serbo-croate et bengali.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
commenter cet article

commentaires