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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 23:57
Pour celles et ceux que le coeur et l'inspiration impulsionnent, n'hésitez donc pas à nous adresser vos contributions poétiques, par email, à Khal Torabully : khal.torabully@gmail.com 
ou à moi-même (Dana Shishmanian).
 
En lançant cet appel nous relayons l'initiative de l'écrivain Khal Torabully dont je vous fait part.
Voici le tout premier texte de cet ouvrage poétique :
 
CANTATE POUR HAÏTI « In the heart of darkness » Joseph Conrad

                                                                  Texte de Khal Torabully, 15/1/2010

 

Haïti, je t’écris cette cantate ultime

Car il n’y a pas d’homme éternel

Pour veiller au carrefour des tremblements.
Le ciel ne s‘est pas fissuré, le vent

Ne s’est pas jeté dans les bras de l’abîme –

La lumière pourtant s’est noyée dans le miel.

 

            CANTATE POUR HAÏTI

            Port-au-Prince s’est penché

            Sur sa faille redoutable, infinie,

            Jacmel a fui les corps des damnés.

 

            CANTATE pour les enfants malaimés

            Du prodigieux Toussaint Louverture…

            Le regard de l’enfant s’enfonce dans le plancher,

            L’œil du mourant s’est écrasé sur l’azur.

 

Haïti, il n’y a pas que la terre qui tremble.

Ma colonne vertébrale vacille, il me semble.
Ma conscience blessée saigne au plafond de la parole.
Partout des visages hagards rôdent, une folle

Me regarde, me demande où se trouve Haïti,

Son Haïti créole, son Haïti toujours indéfinie…

 

            CANTATE POUR HAÏTI,

            Que dire d’un pays à terre

            Qui maintes fois s’enterre

            Pour se signer au seuil de l’enfer ?

 

           CANTATE POUR HAÏTI

Nous t’offrons le chant des versets remués.

Nous mains sont offertes, évincées, lacérées,

Le soleil à genoux, pour toi, supplie.

           

            CANTATE POUR HAÏTI,

            Mes mots tremblent aussi,

            Mon inspiration anéantie,

            Mon poème s’est trahi.

 

Haïti, la fente de l’Atlantique se réveille.

Partout la poussière balaie où la mort veille.

Une femme accouche de l’ombre d’un enfant

Et son cri se fracasse en stupeurs et tremblements.
Que l’aveugle oublie sa cécité pour te voir en face,

Que la parole qui s’efface te laisse son ultime trace !

 

 

CANTATE POUR HAÏTI

POUR TOI, LE MOT TREMBLE A L’INFINI !

 

 

K.TORABULLY.

 

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Published by michel-dani alain - dans nancy.aspect.editions
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