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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 10:19

Nous avons édité trois recueils en mars, tous trois de poètes lorrains.Nous vous invitons à partager les rencontres de lecture sur Saint-Dié-des-Vosges et Epînal.

UN GRAND MERCI AUX LIBRAIRIES QUI LES ACCUEILLENT.

D'autres dates suivront.

Invitations rencontres avec François Maubré et Danièle Marche
Invitations rencontres avec François Maubré et Danièle Marche
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:24
Découvrir Brigitte Cottaz

Nous avons édité le premier recueil de Brigitte Cottaz, Fugues, en 2012.

L'originalité des textes, écrits "sur" ou "à propos" ou "autour" d'un morceau de musique - classique et jazz -, et le parti-pris à la fois de présentation - deux textes se font face sur le même thème - et d'écriture - le second est une "fugue" qui répond au premier, nous ont intéressés.

Voici les deux premiers - nés d'une fugue autour d'une fugue de Bach - qui se présentent ici à la suite, faute de pouvoir les reproduire sur deux pages face à face ou- au pire- sur deux colonnes

Jean-Sébastien

Prélude intempéré clavicorde tendu sous le soupir chanté

do si do ré

sol attendu tissé menu le ciel reflue

au pays sage

si tu jouais ma joie prendrait là si dorée

à ton visage

monolude dialogue doublaccorde interlude

et sans transition élude

le soleil

qui tourne autour du sommeil tandis que la terre

touche à son terme

le souffle des fous

qui tourna tous les jours du vieux siècle où la terre toccata

à perdre haleine

Prélude du temps

fugue à l’instant sur les touches à mains nues d’un orgue dément

d’un ogre de Barbarie qui toucha tant le temps sans qu’on en revienne

sarabande et conseille la consolation qui brûle

comme assoiffant la prière d’une kyrielle d’amen

de mains courantes effleurant le sol des gammes

courante et gigue d'un enfant dans un champ de mines

jusqu’à ce que la vie rejoue dans le vide sa respiration haute

jusqu’à ce que ton Dieu joue

sous tes doigts la preuve de son existence

sa danse

*******

Fugues en nuit mineure

Il arpente la nuit. Il trace dans les murs

des fenêtres d'encre percées par des poings durs

sous la pression d'un cri ou la passion d'écrire

bombes lettres noires graffitis à détruire

Il marche au gras du sol écrase les nuages

dévale la fumée dévore son visage

laisse tomber sa vie au fond d'un café noir

et branche ses oreilles s'invente M.C. Solaar

Part du bar va s'asseoir

car le rythme voit rouge

sur le quai

vie volée

est-il âme qui bouge

*******

Biographie
Après des études de lettres à Lyon puis à l'E.N.S. où elle approfondit sa double passion de la musique et des mots, Brigitte Cottaz se consacre à l'enseignement. Depuis une dizaine d'années, sa découverte de l'OuLiPo puis celle de la poésie de Mahmoud Darwich l'orientent vers une pratique régulière de l'écriture poétique.
Elle a publié dans les revues 'Poésie sur Seine', 'Concerto pour marées et silence', 'Cahiers du Sens'.
À propos de « FUGUES »
Notre petite maison d'éditions s'attache à fa ire connaître, année après année, et dans la mesure de ses moyens financiers, des poètes qui ont, certes, des parutions dans des revues, mais qui n'ont pas eu l'heur d'être édité sous forme de recueil.
Ainsi avons nous été les premiers à éditer René L. Louis, Pierre Drogi, Josèphe Chignier, François Maubré, Annick Breton.
« FUGUES » est l'œuvre d'une musicienne qui écrit une poésie inspirée de son expérience musicale. Dans sa présentation – deux textes en regard, fugue et contrepoint -, dans sa respiration, dans le vocabulaire – sons, inventions...-, ses rythmes, la poésie de Brigitte Cottaz mérite d'être lue, défendue, connue par un plus large public.
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 13:50

Chers amis,
Si le cœur vous en dit, je serai heureuse de vous retrouver lors de la présentation du spectacle construit par Sandra Samson autour de mon recueil de poèmes, ‘Fugues’
.


Professeur de danse, elle a proposé au Conservatoire de Chilly-Mazarin un travail de création incluant des danseuses, un ensemble de jazz, un ensemble vocal et des instrumentistes. Au long de l’année, des élèves et professeurs du Conservatoire ont choisi diverses pages du recueil et créé leur interprétation. J’ai ensuite été invitée à dire des textes, seule ou avec l’accompagnement imaginé par chacun. Belle aventure !


Deux représentations sont prévues :
Samedi 9 mai 2015, 16 heures, à la Médiathèque Albert Camus 6-8 rue Ollivier-Beauregard 91380 Chilly-Mazarin. Il s’agit du ‘Rendez-vous des Oreilles en pointe’, le spectacle sera itinérant, dans la Médiathèque.
> Mardi 12 mai, 20 heures, à la MJC 18 rue Pierre Mendès France, à Chilly. Là, ce sera sur scèn
e.

A bientôt j’espère !

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 13:24

Brigitte Cottaz, dont nous avons édité FUGUES, un recueil de textes poétiques autour de la fugue, est à l'honneur à Chilly-Mazarin pour son Printemps de la Danse.

Printemps de la Danse à Chilly-Mazarin
Printemps de la Danse à Chilly-Mazarin
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 14:40
Bernard Fournier
Bernard Fournier

Le lycée Louis Lapicque ouvre ses portes depuis 15 ans au Printemps des Poètes. Même si les activités liées à l'événement ont baissé en intensité (et en enthousiasme), Véronique Bart, épaulée cette année par de nouveaux collègues, a su maintenir la tradition.

Invités cette année :

- Philippe Vallet qui sort cette année son troisième recueil issu des ses voyages, "Pas de traces", présenté à cette occasion

- Bernard Fournier, grand marcheur devant l'éternel, qui a lu des extraits de ses trois recueils, Marches I, II et III, et de son dernier ouvrage,"Une pierre, en chemin" paru aux éditions Tensing,

tous deux au cours de deux séquences de "rencontres- lecture" devant les lycéens et lycéennes.

Les rencontres ont été suivies d'une heure de speed-dating, (rencontres rapides), où les lycéens et lycéennes ont lu devant 4 poètes (les deux précédents plus Danièle Corre et Danièle Marche) des extraits d'un poème personnel ou d'une oeuvre poétique, auquel le ou la poète a répondu par l'un des siens, le tous se terminant par un échange. Succès assuré pour ce genre de rencontre, tant elle participe de la surprise et d'une certaine intimité avec l'auteUR

Eh oui, la poésie est vivante : les poètes le sont aussi !

Après l'après-midi poétique et lycéenne, visite au Musée de l'image (qui ferme un peu tôt, clôture des porte à 17h45 ...mmm un peu juste ) mais nous étions les seuls visiteurs pour un bien beau parcours dans les riches collections - si bien présentées avec juste ce qu'il faut de pédagogie) - organisées autour des fonds de l'Imagerie Pellerin, connue mondialement.

Le soir, tout le monde s'est retrouvé au restaurant bio "Sens et découvertes" devant la basilique. Au menu truite et poésie où Richard Rognet, Jacques Pierre et François Maubré nous ont rejoints en voisins pour l'ultime rencontre poétique (et chaleureuse) de cette belle journée.

Un grand merci pour l'accueil du Lycée Louis LAPICQUE, en particulier au cuisinier- et au personnel de cuisine - pour son dessert !

Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche
Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche
Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche
Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche
Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche
Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche
Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide"  : Danièle Corre et Danièle  Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche

Philippe Vallet ; des lycéennes attentives ; atelier arts plastiques et écriture : l'exposition ; Bernard Fournier ; Philippe Vallet ; en attendant la "rencontre rapide" : Danièle Corre et Danièle Marche ; dans les coulisse, Danièle Marche

Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ;  Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet
Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ;  Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet
Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ;  Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet
Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ;  Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet
Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ;  Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet
Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ;  Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet

Au restaurant : Veronique Bart au premier plan ; Jacques Pierre, Richard Rognet et Danièle ; Bernard Fournier et Véronique ; lecture à la bougie : Simone Cukier ; François Maubré et Nadine Ronsin ; à la lecture, Philippe Vallet

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 18:30
recueil de Pierre Drogi
recueil de Pierre Drogi

Librairie TEXTURE, 94, Avenue Jean Jaurès, 75019 PARIS (M° Lumière)

Jeudi 09 avril 2015 à 19h30

À l’occasion de la sortie en librairie de son livre Le chansonnier, paru en novembre 2014 aux éditions de La Lettre volée,

Pierre DROGI présentera l’ouvrage et en proposera une lecture d’extraits ; il sera interrogé par Jean-Baptiste PARA.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 12:07
Le très bel auditorium de la Médiathèque de Longwy
Le très bel auditorium de la Médiathèque de Longwy

Magnifique la Médiathèque de Longwy ! Magnifique aussi la salle-auditorium où furent reçus les 4 écrivains de la tournée du Printemps Poétique Transfrontalier et le musicien qui les accompagne.

A la mesure de la déception, tant des intervenants que des représentants-organisateurs de la manifestation.

En effet, une quinzaine d'amateurs de poésie ( en comptant les quatre bénévoles de l'association des Amis de la Poésie, dont Alain et André) seulement étaient présents pour apprécier les lectures des écrivains (voir photos) et le piano de Loris Binot.

Belle soirée cependant avec des textes toujours intéressants et variés. Et au piano l'inventivité et la virtuosité de Loris Binot.

On peut regretter que certains textes de Norbert Lange, parfait comédien et lecteurs, n'aient pas été traduits en français.

On peut regretter aussi la rapidité des lectures et l'absence d'échanges faisant suite habituellement à ce genre de rencontres...

Alain Dantinne et son "catéchisme" ; Hélène Jacob ; Lambert Schlechter ; Norbert Lange ; au piano, Loris Binot
Alain Dantinne et son "catéchisme" ; Hélène Jacob ; Lambert Schlechter ; Norbert Lange ; au piano, Loris Binot
Alain Dantinne et son "catéchisme" ; Hélène Jacob ; Lambert Schlechter ; Norbert Lange ; au piano, Loris Binot
Alain Dantinne et son "catéchisme" ; Hélène Jacob ; Lambert Schlechter ; Norbert Lange ; au piano, Loris Binot
Alain Dantinne et son "catéchisme" ; Hélène Jacob ; Lambert Schlechter ; Norbert Lange ; au piano, Loris Binot

Alain Dantinne et son "catéchisme" ; Hélène Jacob ; Lambert Schlechter ; Norbert Lange ; au piano, Loris Binot

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 23:17

Umar Timol

à propos de la Francophonie

(je conserve la police d'origine mais l'enregistrement la modifie !))

La quête de la langue ou la quête de l’absence en soi.

Il fait nuit. Nuit. Désir d’écrire. La langue est faite de chair et sang et celui qui s’en approche hésite, il a peur, il veut retourner sur ses pas, aller là-bas en un lieu tranquille, ne plus désirer cette langue. Mais il sait l’impératif de la création. Il sait sa violence. Il a parfois l’impression d’être habité, d’être hanté. Quelle est donc cette chose qui est en lui ? Il ne le sait trop. Mais qu’importe. Il lui faut créer. Il lui faut effriter la matière de son corps pour en extraire l’écriture. Et cette écriture se fait par l’entremise d’une langue, qui est autre, séduisante et inaccessible. Et il en a peur. Depuis toujours. Il hésite donc. Il y reviendra tout à l’heure. Il ne pourra pas s’empêcher de le faire. Parce qu’il est poète.

Ou du moins c’est ce qu’il croit être.

Parce qu’il est en lui un silence. Parce qu’il est en lui un indicible. Parce qu’il est en lui un souffle ou une voix. Qu’importe le nom qu’on donne à la chose. Qu’importe le sens qu’on lui donne. Mais elle est en lui. Comment en parler ? Dire que parfois les mots enserrent ses tripes, dire que parfois les mots sont comme de la musique, dire que les mots le rongent, dire que les parfois dévalent dans dans son corps et qu’il doit littéralement les répandre sur la page. Dire qu’être poète est un cheminement vers cette chose en soi, silence ou voix, qu’importe. Qu’importe. Qu’importe. Dire que la poésie est ce travail de ressassement, de création, à chaque instant presque. Jusqu’à ne plus en pouvoir.

Dire que la poésie est expurger son corps de tout son sang.

Il envie parfois ceux qui naissent ‘dans’ une langue. Elle est certes toujours un désir mais un désir inscrit en soi non en dehors de soi. Il envie ceux qui l’écrivent, qui la manipulent, la triturent, ceux qui écrivent sans se poser la question de la langue. La poésie est toujours une rupture, de soi à soi, de soi à la langue mais elle est rupture doublement plus douloureuse quand la langue est autre.

Il se aussi dit parfois qu’il est un enfant adopté par cette langue. Il sait le péril de cette vie d’orphelin. Orphelin qui doute toujours de sa faculté à se faire aimer, orphelin qui tend vers un amour dont la réciprocité relève toujours du doute et de l’incertain. Rien ne parvient jamais tout à fait à le rassurer.

Il serait finalement plus simple de se taire. Faire du silence en soi un silence absolu. Permettre au silence de se déployer pleinement. Puisqu’il ne peut être en une langue. Puisque la poésie tend vers le silence.

Mais il écrit une fois encore. Et chaque poème est une apocalypse, chaque poème est le dernier poème. Il ne sait si tout à l’heure, demain ou un autre jour il écrira. Il écrit ainsi porté par l’énergie d’un doute, que le silence se fera en lui. Qu’il deviendra un jour silence. Qu’il fera le deuil de ses velléités littéraires.

Et il se met donc à écrire une fois encore. La genèse du poème relève de l’inexpliqué. Il est une mystique à la poésie, une étrangeté fondamentale. Et maintenant il lâche prise, il ne pense plus, il ne réfléchit plus, il n’est plus, à vrai dire, que la transe des mots se fasse, que les mots pulsent, qu’ils dansent sur la page, qu’ils écartèlent ses doutes, qu’ils s’en débarrassent, qu’ils en fassent un feu, qu’ils deviennent cendres, cendres qui se dispersent dans ses nuits.

Ecrire est ainsi une œuvre de possession et de dépossession, c’est être au plus proche de soi-même tout en se libérant de soi-même.

Et quand il écrit et qu’il n’a plus peur, les mots se font et se défont dans un rapport charnel avec la langue. Charnel en effet. Car il faut parler de la chair et du désir Il aime cette langue comme d’autres vénèrent un corps. Parfois quand il lit les grands Le Clezio, Césaire et surtout Camus, il a envie de pleurer. Mais d’où vient donc l’emprise de cette langue ? D’où vient donc cette résonance en lui, profonde, maladive, comme une plaie, celle de la beauté, que rien ne parvient à cicatriser ? D’où vient donc cette fascination ? Il se dit que l’écrivain qui parfois parvient ainsi à dompter une langue, à la réinventer est un demiurge. Toute cette beauté est obscène. Il n’en peut plus. Et écrire cette langue exprime cette volonté, de la ployer, de la blesser, non pour en faire en faire une œuvre de beauté, semblable à celle des grands, cela lui est impossible mais pour la repousser dans les limites de sa faculté dérisoire à la beauté. C’est tout ce qu’il peut faire. Mais lors du travail de la création, il ne pense plus, les mots déferlent. Les mots sont. De façon inexplicable. Ils sont.

Est-ce qu’il lui arrive parfois de créer de la beauté ? Est-ce qu’au bout de ce périple la beauté est ? Il n’ose y croire. Tout ce qu’il sait ce qu’il doit conquérir cette langue pour espérer fonder la beauté, sa dérisoire part de beauté.

Mais plus encore, la poésie est d’un lieu, celui de l’absence en soi. Sentiment du vide, d’un décalage perpétuel avec soi-même, désir de l’ailleurs, parchemin de son annihilation, il faut parfois descendre en soi-même pour excaver ce qu’on est, il faut parfois plonger ses mains dans les tranchées de son corps pour espérer parvenir à cette absence en soi. Pourquoi écrire si ce n’est pour écrire les ruptures, pourquoi écrire si ce n’est pour écrire ses vertiges et ses éclipses, pourquoi écrire si ce n’est pour écrire les sciures de ses angoisses, pourquoi écrire si ce n’est pour écrire les trahisons du sens, pourquoi écrire si ce n’est pour écrire les dérives de sa peau et de son sang ?

La poésie est le manifeste de l’absence en soi.

Et cette absence est aussi celle de la langue. Peut-être se dit-il parfois que la poésie se fait parce que la langue est inaccessible, peut-être que c’est dans ce rapport torturé avec ce qui ne peut être que la poésie émerge. Il aurait, sinon, écrit autrement. Il faut désirer la langue et ne pouvoir assouvir ce désir pour ainsi tenter de subvertir la langue, il faut faut toujours demeurer à sa périphérie, enclavé dans une perpétuelle danse, de séduction et de défaite, pour créer de la poésie.

Ainsi la langue n’est plus l’obstacle à la création poétique. Elle est ce qui rend la poésie possible. Sans cette absence le poème n’est plus. Sans cette absence, l’écriture est autre ou peut-être que l’écriture n’est plus. La langue n’est plus entrave mais le souffle, la langue n’est plus une frontière mais une passerelle, la langue n’est plus un lieu de défaite mais un lieu d’envol, la langue féconde la poésie, elle lui permet d’être, de proliférer.

La langue est son deuil et sa genèse.

Il est ainsi poète à défaut d’une langue. Il écrit parce qu’il ne peut pas écrire. Il écrit parce que la quête de la langue est la quête de l’absence en soi.

Il fait nuit. Nuit. Le silence orne son corps, orne son être. Désir d’écrire. La langue est à portée de ce désir. Il hésite. Il a peur. Il veut fuir. Partir. Il a peur de trahir, de blesser, de ne pas être à la hauteur. Mais il écrira quand même. Plus tard. Il ne pourra s’empêcher d’écrire.

La poésie se fera. La lumière se fera. En cette langue qui ne lui appartient pas.

Il en est l’orphelin.

De l’absence et de sa quête, de la langue et de sa quête, l’amour naît de la communion de ces deux quêtes, amour certes imparfait mais l’amour est poésie.

Et il est poète. Du moins c’est ce qu’il croit être.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 18:12
Le Centre National de Littérature de Mersch

Le Centre National de Littérature de Mersch

De gauche à droite, Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlecter, Fabienne Jacob
De gauche à droite, Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlecter, Fabienne Jacob

C'est dans ce magnifique bâtiment du Centre National de Littérature de Mersch (voir présentation à la fin de l'article) - actuellement une très riche exposition sur le Luxembourg pendant la Première Guerre Mondiale - que commence le périple des quatre écrivains et du musicien de la tournée du Printemps Transfrontalier 2015.

Quelques photos de cette soirée de rencontres qui, malgré un public trop peu nombreux, est toujours l'événement - c'est une "Première" ! - d'un agenda qui conduira poètes et musiciens en Belgique (Namur) en Allemagne (Sarrebrück) puis dans les 4 départements de Lorraine : Longwy (Meurthe et Moselle) , Thionville (Moselle), Saint Mihiel (Meuse) et Epinal (Vosges).

POUR TOUT SAVOIR :

http://kulturfabrik.lu/fr/pole-pedagogique/printemps-poetique-transfrontalier/printemps-poetique-transfrontalier-2015/

PROCHAINEMENT

JEU. 19.03.2015 / 20:00

PRINTEMPS POÉTIQUE TRANSFRONTALIER - 2ÈME ÉDITION

Littérature

VEN. 20.03.2015 / 18:30

THE SOUND OF CULTURES

Musique Exposition Danse

SAM. 21.03.2015 / 19:00

SOIRÉE DE SOLIDARITÉ AVEC LA PALESTINE

Musique

DIM. 22.03.2015 / 14:00

MUSIC FACTORY: STUDENT’S LIVE EDITION 2015

Musique

23/02/2015 > 30/03/2015

DANSES AFRICAINES

Workshop Danse

VEN. 27.03.2015 / 20:00

MICHAEL SHEPHERD BAND (L)

Musique

SAM. 28.03.2015 / 20:00

CASSANDRA LOBO (L)

Musique

MER. 01.04.2015 / 19:30

MOONSPELL (P) + SEPTICFLESH (GR)

Musique

SAM. 04.04.2015 / 18:00

MOOFEST - 4ÈME ÉDITION

Musique

SAM. 11.04.2015 / 20:00

LOOKING FOR GAZA

Arts de la scène Théâtre

PRINTEMPS POÉTIQUE TRANSFRONTALIER 2015

Du 1er mars au 16 avril 2015 en Grande Région

PRINTEMPS POÉTIQUE TRANSFRONTALIER - 2ÈME ÉDITION

JEU. 19.03.2015 / 20:00

Littérature

Téléchargement

Dépliant de l'édition de 2015: ICI

Avec

Norbert LANGE (Allemagne), Alain DANTINNE (Belgique), Fabienne JACOB (France) & Lambert SCHLECHTER (Luxembourg).
Les 4 poètes seront accompagnés tout au long de la tournée par le musicien-pianiste lorrain Loris BINOT.

Le projet

Animés par la volonté d’oeuvrer en faveur de la poésie, le Centre culturel Kulturfabrik d’Esch-sur Alzette, la Maison de la Poésie de Namur, le Centre Culturel d’Aubange, les Amis de la Poésie, les éditions Aspects et le Literaturwerk Rheinland-Pfalz-Saar cherchent à mettre en place un projet pérenne et évolutif à l’échelle de la Grande Région.

La seconde édition du Printemps Poétique Transfrontalier aura lieu à partir du 16 mars 2015 avec, au programme, une tournée de lectures poétiques, des rencontres pédagogiques et deux nouveautés majeures: la participation de partenaires culturels allemands et la mise en place de résidences d’écritures.

Les résidences

Les poètes entameront leur aventure poétique par une résidence d’écriture, du 1er au 15 mars 2015 dans les lieux suivants:

  • Fabienne Jacob au Künstlerhaus Edenkoben en Rhénanie-Palatinat, Allemagne
  • Norbert Lange aux Gîtes du Vieux Namur, Belgique
  • Alain Dantinne au Centre culturel Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette, Luxembourg
  • Lambert Schlechter à la Médiathèque de la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluences (CASC) à Sarreguemines, France


Chaque auteur explorera dans son texte le lieu de résidence qu’il occupe et l’importance du territoire dans lequel ce dernier est ancré. Ces résidences sont mises en place avec le soutien direct de l’Espace Culturel Grande Région qui publiera les textes produits par les écrivains sur son site.

Organisateurs

  • Centre culturel Kulturfabrik d’Esch-sur Alzette
  • La Maison de la Poésie de Namur
  • Le Centre Culturel d’Aubange
  • Les Amis de la Poésie
  • Les éditions Aspects
  • Literaturwerk Rheinland-Pfalz-Saar

Partenaires

  • Centre national de littérature - Mersch
  • Le Printemps des Poètes - Luxembourg
  • Fédération Européenne des Maisons de Poésie

Avec le soutien de

  • Fédération Wallonie-Bruxelles
  • DRAC Lorraine
  • Espace Culturel Grande Région
  • Ministère de la Culture du Luxembourg
  • Région Lorraine
  • Fondation de Luxembourg
  • Province de Luxembourg
Loris Binot au piano puis Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlechter  et Fabienne Jacob
Loris Binot au piano puis Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlechter  et Fabienne Jacob
Loris Binot au piano puis Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlechter  et Fabienne Jacob
Loris Binot au piano puis Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlechter  et Fabienne Jacob
Loris Binot au piano puis Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlechter  et Fabienne Jacob

Loris Binot au piano puis Norbert Lange, Alain Dantinne, Lambert Schlechter et Fabienne Jacob

LE CENTRE NATIONAL de LITTERATURE DE MERSCH (Luxembourg)
> home > Le CNL > Les missions

Les missions

Le CNL est un institut scientifique, un centre de recherche documentaire pour la littérature luxembourgeoise, qui est devenu, avec ses nombreuses possibilités de rencontre, un véritable centre d'animation socioculturelle autour du livre et de la lecture.

La mission scientifique

Le CNL recherche et recueille en un seul endroit des témoignages (manuscrits, imprimés, documents iconographiques) de la littérature luxembourgeoise après 1815, ainsi que des documents se rapportant à l'histoire et à l'influence de cette littérature, les conserve et les met en valeur pour les scientifiques et le grand public.
Comme le Luxembourg se caractérise par son plurilinguisme, il va de soi que les documents littéraires que l'on trouve au CNL couvrent les trois langues usuelles du pays: le luxembourgeois, le français et l'allemand.
Le CNL recherche les contacts internationaux et travaille en collaboration avec des bibliothèques et des archives analogues (p.ex. Archives et Musée de la littérature, Bruxelles, Deutsches Literaturarchiv à Marbach am Neckar...).
Une des missions du CNL est donc de préserver la Luxemburgensia de la dispersion et de la perte, de la conserver pour la postérité et d'en permettre l'exploitation scientifique.

La mission socioculturelle

Le Centre national de littérature veut être un lieu de rencontre pour professionnels et amateurs de la littérature. Le site, avec ses nombreuses possibilités de rencontre (Salle Tony Bourg, Cave littéraire, café et parc) convient également pour des conférences-débats, des séances de lecture, de théâtre et de cabaret, des projections de films et dias, des visites guidées et des expositions.

Le CNL essaie de toucher le grand public, en offrant une large gamme de services éducatifs (introductions à la littérature, à l'histoire littéraire) et de services d'animation pour enfants, pour étudiants, pour adultes, pour spécialistes et non-spécialistes de la littérature luxembourgeoise.

Pour faire découvrir et redécouvrir au public luxembourgeois et étranger la littérature et les auteurs du Grand-Duché de Luxembourg, le CNL a édité un certain nombre de publications.

On s'adresse aux enfants, aux étudiants, aux adultes, aux spécialistes et non-spécialistes de la littérature luxembourgeoise.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 18:01
Printemps Poétique Transfrontalier 2015

enfin le flyer

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