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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 11:06

Nos amis poètes de l'ïle Maurice éditent une revue de poésie en langue française POINT BARRE

Nous relayons ici leurs courriels

POINT BARRE 14 ‒ APPEL À CONTRIBUTIONS

Le prochain numéro de la revue de poésie Point barre sera dédié au sexe dans tous ses états et aura pour titre « No Limit ».

Les propositions, en français, anglais ou créole, obligatoirement inédites en recueil, seront transmises en pièces jointes (voir consignes ci-après) au comité de lecture à l’adresse électronique suivante : yhkadel@yahoo.com. Chaque auteur ne proposera qu’un poème, dont la longueur n’excèdera pas 60 vers (ou lignes).

La date limite pour les envois est le 15 mai 2015 (sortie du numéro 14 en juin 2015).

Merci de diffuser cet appel auprès de vos confrères et amis.

CONSIGNES

Format du fichier : Word.

Format du texte : Times New Roman 12, interligne simple.

Titre du texte (si applicable) : en majuscules, gras.

Signature : préciser votre nom complet, pays d’origine et adresse électronique à la fin du texte.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 19:46
Chantal Dupuy-Dunier

ses voeux pour 2015 (reçu avant l'attentat contre Charlie Hebdo)

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 23:07
CHARLIE : la contribution en images
CHARLIE : la contribution en images
CHARLIE : la contribution en images
CHARLIE : la contribution en images

Molière, Voltaire et Hugo : notre liberté et Charlie

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 23:06

N’égrène pas le désespoir

Les humains ont besoin de frères

Plus que de pierres et de fusils

Que tu sois Cabu, Wolinski

Que tu aies perdu tes amis

N’égrène pas le désespoir

Que tu sois gosse rigolard

Te foutant de tous les pouvoirs

N’égrène pas le désespoir

Que tu combattes avec crayons

Avec tes plumes, tes chansons

N’égrène pas le désespoir

Que tu écrives ou dessines

Et meures pour être entendu

N’égrène pas le désespoir

Que tu te réveilles en pleurant

Que tu sois juif ou musulman

N’égrène pas le désespoir

Que tu sois dans un cauchemar

Où on tue rire et intelligence

N’égrène pas le désespoir

Que tu aies froid, peur et douleur

Héros de guerre ou tout petit

N’égrène pas le désespoir

Que tu aies une religion

Ou que tu crois juste en Charlie

N’égrène pas le désespoir

Que tu haïsses l’extrémisme

L’obscurantisme et la bêtise

N’égrène pas le désespoir

Que ta voix sève vivante

Mette en joue tout amalgame

N’égrène pas le désespoir

Que liberté battue à mort

Naisse et renaisse dans tes mains

N’égrène pas le désespoir

De celui qui vit à genoux

Toi qui tient à rester debout

Et marcher avec les humains

Jacqueline Persini-Panorias

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 18:00

Cette année

Il nous faudra

Capter

le fil de la vie

l'user

en abuser

Fixer

les temps d'arrêt

pour recueillir

le bruissement des choses

l'ébrouement de la nature

entendre leurs secrets murmurés

Suivre

le réconfort de la clarté

espoir apaisé

sur la découpe inégale des jours

Protéger

ce sentiment immodéré

absolu de vie

partage

dans les yeux de rencontre

Étirer

les instants de paix

où l'on soupèse

la densité du silence

son épaisseur

Saisir

le sens des moments offerts

le goût du bonheur

Chercher

des vers où les mots

révèlent

ce qu'il y a derrière les mots

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 17:35
salon de l'Autre LIVRE 2013 extrait
salon de l'Autre LIVRE 2013 extrait

quelques propositions de cartes de voeux pour 2015

cliquez sur l'image pour l'avoir pleine page

d'un salon l'autre...

d'un salon l'autre...

Zébus à Madagascar

Zébus à Madagascar

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 16:05

Pour une raison inconnue, je n'avais pas enregistréce texte de Uar Timol, poète mauricien, un texte envoyé pour l'année 2014, coincé dans les tuyaux du côté de janvier 2014

Je le prie de bien vouloir m'en excuser

Chers amis, je vous envoie quelques fragments. je vous souhaite une sublime année 2014.

Amicalement, Umar

Je leur souhaite de voir parfois la beauté des mots. Ils n’en feront pas un impératif de vie. Comme moi. Ils ne se mettront pas à la chercher avec ferveur et folie presque, ils ne tenteront pas de l’excaver dans des milliers de livres. Ils se contenteront de parcourir quelques pages, entre deux rêves ou deux certitudes, et se délecteront un instant de cette beauté. Ils sauront qu’il est donné à des êtres, qu’on nomme poètes et écrivains, la grâce solaire des mots, qu’il leur est possible de les ployer à volonté et des les ordonnancer selon une architecture mystique. Est-ce qu’ils se mettront alors à pleurer, est-ce qu’ils demeureront pétrifiés, incapables d’énoncer le moindre mot, le moindre souffle, est-ce qu’il leur arrivera de se dire que ce monde leur suffit, est-ce qu’ils voudront alors écrire ? Que feront-ils ? Mais qu’importe. Je leur souhaite de voir parfois la beauté des mots. Leur vie ne sera pas amoindrie autrement. On peut s’en passer.

Elle n’a après tout qu’un seule merite, parfaire l’éclosion de toute beauté en soi et parachever son règne.

D’avoir parfois vu dans vos yeux l’innocence incarnée, son caractère absolu et ses velléités, rend la mort possible. Une mort non inquiète et vénéneuse mais qui scelle un pacte avec la joie. Et c’est ainsi que je m’en irai, c’est mon vœu et ma promesse. Je ressasserai sans fin, alors que mon souffle s’éteindra, les rythmes, les lueurs et les usages de votre innocence. Ce jaillissement de lumière dans ce trop plein de limpidité, ces louanges de la beauté d’avant les ombres, l’insoumission de ceux qui ne savent pas encore les vendanges des nuits brisées, la censure des plaies du monde et ce paysage de songes labouré par les vents, que rien, ni personne ne peut renier. C’est ainsi que je m’en irai. Je m’en irai, bercé par les grandes traversées de l’innocence dans vos yeux, innocence qui m’a fait l’offrande d’une permission, celle de vivre et innocence qui fera de mon agonie une fête.

-

Je ne récuse pas la transcendance de ce corps, aujourd’hui, engorgé de boue et de pluie, qui se meut dans l’extase diluvienne, ce corps qui sait qu’il n’est d’autre ancrage que la terre, cette terre qui est une boursouflure rouge-sang, terre qui chevauche ces veines émaillées de désirs et qui les défont dans les osmoses de vents qui s’évertuent à la puissance. Je ne récuse pas cette transcendance. Nulle fatalité n’enferrera sa trop grande liberté, nul scribe n’érigera dans des parchemins la syntaxe de ses abandons, nul oracle ne sèmera dans ses audaces les vertus de la mort. Mais j’inscris cette transcendance dans la transcendance divine. Qui n’est autre que l’achèvement de ce corps. Transcendance qui l’affranchit de toute frontière, qui en fait une symphonie de lumière et de toutes ses pulsions, transcendance qui est le manifeste possible de la sainteté, transcendance qui est l’oraison de la nuit et du dénuement . Ainsi transcendances conjuguées, corps toujours plus impérieux, dont l’énonciation est le désir, corps toujours plus décharné, dont l’énonciation est le renoncement, transcendances conjuguées et corps enfin exaucé.

-

Nous ne pouvons forger des fidélités au-delà des abîmes, nous ne pouvons altérer le bavardage de la peste car nous sommes tous des pestiférés, nous ne pouvons nous affranchir du rituel des os et du linceul, nous ne pouvons étreindre la soie de l’autre à force de vouloir, nous ne pouvons calfeutrer la misère dans les plis de toute chair insoumise, nous ne pouvons proclamer la présence de la matière alors que le temps subvertit son souffle, nous ne pouvons garnir le regard de l’autre des festins de nos possibles, nous ne pouvons blesser ce rivage lavée par la houle et son sang, nous ne pouvons défaire les hérésies de la décrépitude, nous ne pouvons rompre le carnaval de l’infini qui nous renvoie à ce que nous sommes, sans doute rien, nous ne pouvons entreprendre de méconnaitre la férocité de nos absences, nous ne pouvons asservir le mystère selon les arcanes de notre savoir, nous ne pouvons dévoyer les cauchemars qui enserrent nos hurlements.

Nous ne pouvons que dialoguer avec cette lumière, ornée de la voilure de l’éphémère, qui parfois nous effleure.

-

Elle voit parfois l’incarnation de la lumière dans les brisées de son corps. Elle tente alors de l’enfermer dans le creux de ses paumes pour en faire une source, bleue et limpide, qui assèche ses siècles de tumultes et qui rapièce les morsures de la douleur. Mais la lumière est fugitive. Elle déclame la dérive des sens et se déverse dans toute peau encore sanglée de songes. La sienne, déjà flétrie à force de marteler la pierre, ne peut être un refuge mais un lieu d’escale. La lumière s’y arrête et se dévoile, l’inonde de plénitude puis s’en va. Il ne demeure dans ses paumes que le frêle souffle de ses cendres.

-

Il est donné à tout être quelques extases. La vie parfois jette son dévolu sur un corps et les lui accorde avec profusion. Ce sont sans doute ces extases qui rendent la vie possible. Peu importe le nom qu’on leur donne. Peu importe leur autorité. Peu importe qu’elles nous renvoient au déclin, qu’elles assermentent l’enfer ou qu’elles encensent la lumière en nous. Peu importe.

Ainsi il arrive parfois qu’un livre parcourt mes yeux, trainée de cendres dans mes prunelles, livre qui est le manifeste de la beauté, mots presque trop parfaitement agencés, mots cloisonnés dans l’étalage de leur couronnement, mots qui soutirent de mes yeux non des larmes mais la déraison de la littérature et de ses festins.

Est-ce que je mérite cette extase ? Est-ce qu’un seul être la mérite ? Je ne le sais trop. Je me contente de lire.

-

A l’aune de quoi mesure-t’on une vie ? Du peu de choses qu’on possède ou qu’on croit posséder ? Des impressions de la vanité qu’il nous est arrive parfois de figer dans le regard des autres ? D’avoir savouré, lors de la traversée de nuits que trop furieuses, quelques extases ? D’avoir cru parfois trompé la mort en nous exerçant à une idolâtrie quelque conque ? D’avoir malmené les malentendus à coups de chimères ?

Je sais, quant à moi, que je vis absolument lors du sommeil de mes enfants, ainsi témoigner les paysages de leurs rêves et me tenir à l’orée de leurs yeux lors de l’éclosion de la lumière.

Il ne retient de cet ailleurs que des fragments. C’est un choix. Celui d’oublier la pesanteur de l’histoire et de sa mémoire. Il ne retient ainsi que les aléas de ces lieux destinés à susciter la féerie, lieux figés et reconstruits afin d’éloigner le temps, lieux qui défont toute monotonie. Ces lieux accordent à son corps la légitimité de l’absence. Il ne lui est alors plus nécessaire de penser, de réfléchir, il suffit à son corps d’être, porté par les rythmes des foules et de la lumière. Sans doute il s’exercera plus tard à comprendre. Il tentera de démêler les cordes noueuses de cet exotisme choisi, il tentera d’en extraire la raison et sa matière. Mais il faut parfois oublier. Il faut parfois faire de ces fragments un miroir, apte à capter le dérisoire de tout bonheur qui jaillit, constellations d’astres vagabonds, miroir où se réfléchit son moi non altéré mais densifié. L’ailleurs est ce miroir fragmentaire où on se contemple pour oublier.

-

Et parfois il est incapable de création, son corps englué dans une matière boueuse, immobile, crucifié par les élans de l’absence. Il aimerait en faire un espace de liberté, ainsi se dépouiller de l’attente des mots, ne plus les désirer mais il ne peut être autrement. Les mots le rendent à l’innocence. Les mots étendent dans les transparences de son corps ces voiles baignées de la lumière d’avant la naissance de l’aube. L’innocence est à ce prix. Parfois souffrir face aux mots. Parfois ne plus en pouvoir. Parfois se résigner à la défaite. Parfois préférer la constellation de l’instant à ses labeurs. Mais il n’y peut rien. L’innocence est à ce prix. Il se mêlera, une fois de plus, aux mots, il tentera, une fois de plus, de les soudoyer, de les séduire, il s’agrippera à leur vouloir, il permettra à ses fragments de perforer son corps, il leur appartiendra. Il est ainsi fait. Il est du territoire des mots, entre mortification et innocence.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 15:57

Chers amis, je vous envoie quelques fragments. je vous souhaite une sublime année 2014.


Amicalement, Umar


Je leur souhaite de voir parfois la beauté des mots. Ils n’en feront pas un impératif de vie. Comme moi. Ils ne se mettront pas à la chercher avec ferveur et folie presque, ils ne tenteront pas de l’excaver dans des milliers de livres. Ils se contenteront de parcourir quelques pages, entre deux rêves ou deux certitudes, et se délecteront un instant de cette beauté. Ils sauront qu’il est donné à des êtres, qu’on nomme poètes et écrivains, la grâce solaire des mots, qu’il leur est possible de les ployer à volonté et des les ordonnancer selon une architecture mystique. Est-ce qu’ils se mettront alors à pleurer, est-ce qu’ils demeureront pétrifiés, incapables d’énoncer le moindre mot, le moindre souffle, est-ce qu’il leur arrivera de se dire que ce monde leur suffit, est-ce qu’ils voudront alors écrire ? Que feront-ils ? Mais qu’importe. Je leur souhaite de voir parfois la beauté des mots. Leur vie ne sera pas amoindrie autrement. On peut s’en passer.

Elle n’a après tout qu’un seule merite, parfaire l’éclosion de toute beauté en soi et parachever son règne.

-

D’avoir parfois vu dans vos yeux l’innocence incarnée, son caractère absolu et ses velléités, rend la mort possible. Une mort non inquiète et vénéneuse mais qui scelle un pacte avec la joie. Et c’est ainsi que je m’en irai, c’est mon vœu et ma promesse. Je ressasserai sans fin, alors que mon souffle s’éteindra, les rythmes, les lueurs et les usages de votre innocence. Ce jaillissement de lumière dans ce trop plein de limpidité, ces louanges de la beauté d’avant les ombres, l’insoumission de ceux qui ne savent pas encore les vendanges des nuits brisées, la censure des plaies du monde et ce paysage de songes labouré par les vents, que rien, ni personne ne peut renier. C’est ainsi que je m’en irai. Je m’en irai, bercé par les grandes traversées de l’innocence dans vos yeux, innocence qui m’a fait l’offrande d’une permission, celle de vivre et innocence qui fera de mon agonie une fête.

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Je ne récuse pas la transcendance de ce corps, aujourd’hui, engorgé de boue et de pluie, qui se meut dans l’extase diluvienne, ce corps qui sait qu’il n’est d’autre ancrage que la terre, cette terre qui est une boursouflure rouge-sang, terre qui chevauche ces veines émaillées de désirs et qui les défont dans les osmoses de vents qui s’évertuent à la puissance. Je ne récuse pas cette transcendance. Nulle fatalité n’enferrera sa trop grande liberté, nul scribe n’érigera dans des parchemins la syntaxe de ses abandons, nul oracle ne sèmera dans ses audaces les vertus de la mort. Mais j’inscris cette transcendance dans la transcendance divine. Qui n’est autre que l’achèvement de ce corps. Transcendance qui l’affranchit de toute frontière, qui en fait une symphonie de lumière et de toutes ses pulsions, transcendance qui est le manifeste possible de la sainteté, transcendance qui est l’oraison de la nuit et du dénuement . Ainsi transcendances conjuguées, corps toujours plus impérieux, dont l’énonciation est le désir, corps toujours plus décharné, dont l’énonciation est le renoncement, transcendances conjuguées et corps enfin exaucé.

-

Nous ne pouvons forger des fidélités au-delà des abîmes, nous ne pouvons altérer le bavardage de la peste car nous sommes tous des pestiférés, nous ne pouvons nous affranchir du rituel des os et du linceul, nous ne pouvons étreindre la soie de l’autre à force de vouloir, nous ne pouvons calfeutrer la misère dans les plis de toute chair insoumise, nous ne pouvons proclamer la présence de la matière alors que le temps subvertit son souffle, nous ne pouvons garnir le regard de l’autre des festins de nos possibles, nous ne pouvons blesser ce rivage lavée par la houle et son sang, nous ne pouvons défaire les hérésies de la décrépitude, nous ne pouvons rompre le carnaval de l’infini qui nous renvoie à ce que nous sommes, sans doute rien, nous ne pouvons entreprendre de méconnaitre la férocité de nos absences, nous ne pouvons asservir le mystère selon les arcanes de notre savoir, nous ne pouvons dévoyer les cauchemars qui enserrent nos hurlements.

Nous ne pouvons que dialoguer avec cette lumière, ornée de la voilure de l’éphémère, qui parfois nous effleure.

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Elle voit parfois l’incarnation de la lumière dans les brisées de son corps. Elle tente alors de l’enfermer dans le creux de ses paumes pour en faire une source, bleue et limpide, qui assèche ses siècles de tumultes et qui rapièce les morsures de la douleur. Mais la lumière est fugitive. Elle déclame la dérive des sens et se déverse dans toute peau encore sanglée de songes. La sienne, déjà flétrie à force de marteler la pierre, ne peut être un refuge mais un lieu d’escale. La lumière s’y arrête et se dévoile, l’inonde de plénitude puis s’en va. Il ne demeure dans ses paumes que le frêle souffle de ses cendres.

-

Il est donné à tout être quelques extases. La vie parfois jette son dévolu sur un corps et les lui accorde avec profusion. Ce sont sans doute ces extases qui rendent la vie possible. Peu importe le nom qu’on leur donne. Peu importe leur autorité. Peu importe qu’elles nous renvoient au déclin, qu’elles assermentent l’enfer ou qu’elles encensent la lumière en nous. Peu importe.

Ainsi il arrive parfois qu’un livre parcourt mes yeux, trainée de cendres dans mes prunelles, livre qui est le manifeste de la beauté, mots presque trop parfaitement agencés, mots cloisonnés dans l’étalage de leur couronnement, mots qui soutirent de mes yeux non des larmes mais la déraison de la littérature et de ses festins.

Est-ce que je mérite cette extase ? Est-ce qu’un seul être la mérite ? Je ne le sais trop. Je me contente de lire.

-

A l’aune de quoi mesure-t’on une vie ? Du peu de choses qu’on possède ou qu’on croit posséder ? Des impressions de la vanité qu’il nous est arrive parfois de figer dans le regard des autres ? D’avoir savouré, lors de la traversée de nuits que trop furieuses, quelques extases ? D’avoir cru parfois trompé la mort en nous exerçant à une idolâtrie quelque conque ? D’avoir malmené les malentendus à coups de chimères ?

Je sais, quant à moi, que je vis absolument lors du sommeil de mes enfants, ainsi témoigner les paysages de leurs rêves et me tenir à l’orée de leurs yeux lors de l’éclosion de la lumière.

Il ne retient de cet ailleurs que des fragments. C’est un choix. Celui d’oublier la pesanteur de l’histoire et de sa mémoire. Il ne retient ainsi que les aléas de ces lieux destinés à susciter la féerie, lieux figés et reconstruits afin d’éloigner le temps, lieux qui défont toute monotonie. Ces lieux accordent à son corps la légitimité de l’absence. Il ne lui est alors plus nécessaire de penser, de réfléchir, il suffit à son corps d’être, porté par les rythmes des foules et de la lumière. Sans doute il s’exercera plus tard à comprendre. Il tentera de démêler les cordes noueuses de cet exotisme choisi, il tentera d’en extraire la raison et sa matière. Mais il faut parfois oublier. Il faut parfois faire de ces fragments un miroir, apte à capter le dérisoire de tout bonheur qui jaillit, constellations d’astres vagabonds, miroir où se réfléchit son moi non altéré mais densifié. L’ailleurs est ce miroir fragmentaire où on se contemple pour oublier.


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Et parfois il est incapable de création, son corps englué dans une matière boueuse, immobile, crucifié par les élans de l’absence. Il aimerait en faire un espace de liberté, ainsi se dépouiller de l’attente des mots, ne plus les désirer mais il ne peut être autrement. Les mots le rendent à l’innocence. Les mots étendent dans les transparences de son corps ces voiles baignées de la lumière d’avant la naissance de l’aube. L’innocence est à ce prix. Parfois souffrir face aux mots. Parfois ne plus en pouvoir. Parfois se résigner à la défaite. Parfois préférer la constellation de l’instant à ses labeurs. Mais il n’y peut rien. L’innocence est à ce prix. Il se mêlera, une fois de plus, aux mots, il tentera, une fois de plus, de les soudoyer, de les séduire, il s’agrippera à leur vouloir, il permettra à ses fragments de perforer son corps, il leur appartiendra. Il est ainsi fait. Il est du territoire des mots, entre mortification et innocence.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 15:53

Voici les deux derniers envois d'Umar Timol, poète mauricien avec lequel nous entretenons une trop lointaine correspondance, mais toujours heureux de l'envoi de ses textes inédits qui méritent mieux qu'une exposition sur notre modeste blog.

Alchimie.

Ainsi celui qui écrit puise dans les tréfonds de son être, il ne récuse aucune impudeur, il sait toutes ses obscénités, il sait toutes ses absences, il y puise une substance, boueuse, confuse, pétrie de caillots et de débris, la substance de son corps et il en fait la matière de ses mots, substance macérée qui se mue, lors du rituel de la poésie, en matière, la matière des mots, mots tissés dans la page, mots qui sont le prolongement d’un corps, non dans ce qu’il a de superficiel ou d’anodin mais prolongement de ses abîmes, corps sans censure devenu substance, devenu matière, devenu mots, mots inscrits dans les pages d’un livre, livre en quête d’un regard, d’un autre, un regard qui parfois survient, un regard qui se reconnaît dans le livre, livre-miroir, miroir-livre, regard qui s’imprègne de ces mots parce qu’ils lui parlent, parce que ces mots le touchent, ces mots l’émeuvent, ces mots parfois le brisent, mots qui pénètrent dans son corps, mots qui sont la substance de celui qui écrit, qui se dispersent dans son corps, dans le corps de celui qui lit, qui se mêlent à sa mémoire, ses larmes, ses rêves, mots désormais si présents en lui qu’ils lui sont invisibles, les mots de l’autre, de celui qui écrit, mots qui proviennent d’un corps et qui se transvasent dans un autre corps, la substance de l’un qui devient celle de l’autre, écrire est ainsi transmuer son corps en des mots qui deviennent, par la force d’un regard, d’un désir, les mots des autres, c’est un corps à corps par l’entremise de la littérature, alchimie des corps, alchimie des mots, alchimie d’un être, celui qui écrit, de sa substance en beauté, beauté des mots, beauté qui ne cesse de renaître en l’autre, celui qui lit, beauté qui ne cesse de vagabonder dans le corps de l’autre, alchimie de sa substance qui devient la substance de l’autre, alchimie qui réunit le corps de celui qui écrit au corps de celui qui lit.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 23:05

L'Harmattan

Édition –Diffusion

5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris

Tél. 01 40 46 79 20 (comptoir et renseignement libraires)

Fax 01 43 25 82 03 (commercial)

Fleurs en terrain volcanique

Julienne Salvat

ISBN : 9782343041193 • 15,50 € •150 pages

Collection : Accent tonique - Nouvelles

Au demeurant, été comme hiver, rien ne venait rompre l’enchantement de cet espace que calcine la surabondance solaire, que fraîchissent les clartés nocturnes, quand la lune nous rejoignait et s’attardait pour la plus grande magie des kabars, ou bien quand, nous faufilant à travers les chokas, nous parvenions à l’étroite crique brune qu’enserrent les rochers qui protègeraient une cérémonie.

Alors s’accomplissait leur métamorphose face à l’Océan, dans ces rituels qui puisaient aussi bien dans les poteries, les calebasses et paniers de la Caraïbe que dans les soubiques de Madagascar, dans les tentes et bertelles de Bourbon, créant la saveur nourricière de nos ailleurs mêlés. La lumière lunaire. Son huile diluvienne pleuvait sur leurs visages ainsi régénérés. Transfigurées, elles devenaient pour nous choéphores de l’avenir, porteuses de visions vivifiantes. Leurs robes blanches et fauves bougeaient en vagues drapées, leurs bracelets et leurs anneaux luisaient, tantôt armes de guerre, tantôt armes de paix.

L’AUTEUR

Julienne Salvat est née à la Martinique et réside à l’île de la Réunion où elle a mené sa carrière de professeur de Lettres, des activités de théâtre et d’animation culturelle. Elle est membre de la SDGL et de la Société des Poètes Français. Auteur de fiction romanesque et poète, elle est également publiée dans diverses revues et des recueils collectifs.

EXTRAITS

« _ Le passionnant dans tout ça, c’est que chaque individu de même que l’artiste demeure souverain dans ses choix, peut introduire sa part insolite, défoncer les barrières de la langue, ruer dans les brancards de vendettas dont il n’a cure, mettre à bas le lourd fardeau des interdits qu’on veut lui imposer. Il peut défier tout cela, il le doit. Bref, son autonomie singulière renforcera et l’équilibre du tout et la contrariété des parties.

_ Moi, je pense à l’exemple de la musique, ses gésines multicolores…

_ C’est pourquoi être métis, c’est aussi vivre et se vivre tantôt de violences et de sérénité, tantôt d’harmonie et de criardes dissonances.

_ Le métis n’en est pas moins un monstre signifiant pour légende future comme on en trouve dans la fable antique. Nés d’accouplements réprouvés, ils n’en sont pas moins des mythes, des figures sacrées dont les Grecs nous ont légué une profusion de modèles. » (p.79)

« Impériale et simple, elle dit la poésie de l’Océan Indien créole. Elle dit Gamaleya, le démiurge de l’aïeul Marron mythique, Albany et Lorraine, tous deux pleurant leur exil mais fascinés par le grand pays dehors, Azéma le réprouvé et ses stigmates, errant au cœur de la pampa argentine. Elle dit Malcolm de Chazal le Voyant de l’île Maurice, et tous les autres. Chevauchée par Kalla aux deux visages d’esclave et de bourrelle, elle était tour à tour Célimène, Muse des Trois-Bassins et jument anoblie, Héva la reine des marronnes elle aussi lui pressait le flanc. » (p.125)

Veuillez me faire parvenir ...... exemplaire(s) du livre : Fleurs en terrain volcanique• Prix 15,50 €

NOM : ………………………………………………………………………………………………………………

ADRESSE………………………………………………………………………………………………………………

Ci-joint un chèque de ............ €. (À l’ordre de L’Harmattan)

Pour l’étranger, vos règlements sont à effectuer :
- en euros sur chèques domiciliés sur banque française

- par virement en euros sur notre CCP Paris (IBAN : FR 04 2004 1000 0123 6254 4N02 011 / BIC : PSSTFRPPPAR)

- par carte bancaire (Visa uniquement) N°............................................................. date d’expiration...../...../...../

le numéro CVx2 (les 3 derniers chiffres se trouvant au dos de votre carte, à gauche de votre signature)

Nous possédons plusieurs librairies dans le 5e arrondissement de Paris, chacune ayant un fonds spécifique.

Afin de mieux vous orienter, nous vous invitons à consulter notre site Internet :

www.harmattan.fr rubrique Les Librairies

Vous y trouverez nos coordonnées, horaires et les thématiques de chaque magasin

Vous pouvez aussi commander l’ouvrage

à votre libraire habituel

ou sur notre site internet :

www .editions-harmattan.fr

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