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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 19:30

une fois de plus

que faire

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 12:02

Nous venons de recevoir, à l'en tête de l'association l'Autre Livre, assocciation des éditeurs indépendants, ce formaulaire d'une société MEXICAINE qui essaie de soutirer 1271 euros par an pour un éventuel (?) catalogue.

 

merci de transferer cette information,

arnac-autre-livre-1-001.jpg

 

arnac-autre-livre-2-001.jpg

 

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:20

umar-timol-monstrepic.JPG

 

Edité par L'Harmattan, voici le premier roman d'Umar Timol, poète de l'ÎLE Maurice.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 15:38

Décidément, l'actualité est mauricienne .

Après Yusuf kadel, édité lui aussi dans CARNAVALESQUES? c'est Umar Timol, autre poète mauricien, qui nous informe de la parution hier de son premier roman chez l'Harmattan : "Journal d'une vieille folle"

 

 

 

Aussitôt que je trouverai un article plus circonstancié, j'en ferai des extraits ici

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 23:24

J'ai découvert  l'Estrade, un mensuel gratuit à La  Quincaillerie, rue du Pont Mouja, un peu plus haut que la librairie l'Autre Rive, donc un espace culturel  important. J'y avais découvert l'article précédent, concernat la sortie du très beau roman de Lilyane BEAUQUEL chez Gallimard.

Je ne connaissais pas ce mensuel et la qualité des articles, remarquable, nous change un peu (beaucoup !) des habituels magazines gratuits de "réclame" qui annonce la vie culturelle du Duché.

Ici, des articles de fond, de la variété dans la forme et dans les domaines visités : vraiment, le mensuel culturel que chacun attendait.L-ESTRADE-COUV-copie-1.jpgt

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 21:36

La MJC PIchon, de NANCY, accueille depuis plusieurs années les expositions de l'association "Goutte d'Afrique" dont Gertald Krebs est le principall animateur.

Autrefois collectionneur et expert en BD - il fut le rédacteur d'un fanzine nanceien, LE LORGNON -,  devenu aujourd'hui grand amateur et connaisseur d'Art africain, il a su, pour cette exposition thématique 2011 "LE MASQUE ET LES PLUMES" marier savamment ses deux passions.

 

 

 

DSCN2861-copie-1

 

 

goutte d'afrique

 

 

 

goutte d'afrique illust

DSCN2858-copie-1

 

 

pendant le discours de la Présidente de l'association,  Gerald Krebs (bras croisés au fond)

 

un très intéressant catalogue est offert aux visiteurs (dans la limite des stocks disponibles) ainsi qu'un cahier de coloriages

 

catalogue

Il a fallu beaucoup de connaissances, de savoir-faire ...et un stock impressionnant de BD pourt metttre en regard les masques et objets rituels avec les extraits des bandes dessinées souvent anciennes et introuvables. Jusqu'à un marché de plein air où on rencontre les Pieds Nickelés de Pellos vendant des objets africains pour touristes, dont l'incontournable statue du Président Giscard d'Estaing !

 

DSCN2859-copie-1

 

 

au centre, le KANAGA, masque Dogon

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 22:44

 

TUNIS, 26 fév 2011 (TAP) -

Considéré comme l'une des voix marquantes de la littérature maghrébine, Tahar Bekri n'a pas eu de moments de répit depuis le début des événements du 14 janvier 2011 en Tunisie.

Au gré de ses voyages dans différents pays, il ne cesse de répondre aux interviews, débats et rencontres pour expliquer au mieux la réalité d'hier et d'aujourd'hui en Tunisie. "J'essaie d'accomplir modestement mon devoir de poète citoyen, ou que je sois" déclare-t-il à l'agence TAP.

ImageAprès "Salam Gaza" (Editions Elyzad, Tunis 2010), Tahar Bekri, qui a écrit "Le livre du souvenir" en 2007, s'est mis depuis plusieurs mois à la rédaction d'un recueil de poésie "Je te nomme Tunisie". "Laissez-moi vous dire que la Tunisie m’habite comme elle habite tout ce que j’écris, tout ce que je publie depuis mon premier livre, paru en 1983", confie-t-il.

Aujourd'hui encore, et après ce qui vient de se passer en Tunisie, ce poète et écrivain installé depuis 1976 à Paris, continue à travers son oeuvre marquée par l'exil et l'errance, à lancer son cri, fruit de ses multiples voyages, contre l'absurdité humaine.

Avec sa plume, il condamne la haine et dénonce l'injustice, dans un style savamment composé. "Je n’improvise pas mes lignes, j’y mets tout mon être, avec patience et exigence" précise-t-il.

Avec de tels mots qui imprègnent la quasi-totalité de ses oeuvres (une vingtaine entre poésies, essais et livres d'art), Tahar Bekri interpelle la conscience universelle: "Comment ne pas être sensible à cette magnifique leçon d’Histoire que donne notre pays?" s'exclame-t-il à propos de la révolution du 14 janvier.

"L’émotion est trop forte pour rester à l’écart de ce qui s’écrit chaque jour par les vrais artisans de cette épopée" ajoute-t-il. Mais "depuis plusieurs mois, bien avant le début des événements, j’étais en train d’écrire un livre de poésie «Je te nomme Tunisie » que je voulais intituler auparavant «Chants pour la Tunisie».

Cependant à partir "du 17 décembre, et avec l’acte de désespoir et de défi du jeune Bouazizi, la douleur a submergé l’écriture. L’issue était, heureusement, la victoire du peuple sur la tyrannie". "Les collines debout en dépit des tyrannies, tous ces conquérants réduits en ruines, l'eucalyptus témoin des défis, la blessure relève du lutteur décidé, non de la faiblesse des collines", sont des extraits de ce recueil "Je te nomme Tunisie".

Certes, une nouvelle page de l’Histoire tunisienne est en train de s’écrire, mais l’œuvre littéraire, estime l'écrivain tunisien, n’est pas un "reportage ou une célébration mécanique et facile, elle est création dans la durée, labeur et travail d’écriture".

Comme dans "Le Livre du Souvenir" (Elyzad 2007), il restitue avec les mots ses impressions sur la révolution où affleurent émotion et espoir.

"Si la révolution inspire, ce sont ses valeurs profondes, éthiques et morales, qui valorisent la condition humaine et qu'elle défend, que je garde à l'esprit comme un chant de toute beauté. Ce sont les dictatures qui sèment la mort.

Les poètes, eux, sont du côté d'Aboulkacem Chabbi, ils clament haut et fort «Les chants de la vie». Personnellement, dit-il "J'essaie d'accomplir modestement mon devoir de poète citoyen, où que je sois".

Evoquant la contribution des intellectuels tunisiens établis à l'étranger, porte-voix de la réalité tunisienne aujourd'hui, il répond que "L'héritage de l'ancien régime est lourd à porter et s'en défaire est un apprentissage laborieux".

Loin de se définir comme stratège ou encore idéologue, il demeure convaincu que "l'impatience est légitime mais l'intransigeance n'est pas bonne conseillère. L'histoire des révolutions, rappelle-il, "est là pour nous avertir de l'imparable. L'opportunisme de certains est inévitable. Les intellectuels honnêtes doivent rester les sentinelles de la vérité.

Leur sagesse est nécessaire pour accompagner la démocratie, aider le débat tolérant et pacifique. Dans ce sens, rappelle-t-il, il ne faudrait "jamais perdre de vue qu'Ibn Khaldoun, dont la statue trône à l'Avenue Bourguiba, est celui qui a écrit au 14ème siècle «La justice est le fondement de la société». La révolution ne peut se passer de culture qui est, avant tout, acte de civilisation".

Evoquant sa participation à une rencontre "la parole retrouvée en Tunisie'' lors de la 17ème édition du Maghreb des livres à Paris, Tahar Bekri a fait remarquer que des témoignages édifiants ont été apportés -au public nombreux dans la salle" sur la parole confisquée, aujourd'hui libérée. Grâce à cette révolution, "La parole s'est libérée de la langue de bois et du mensonge".

 

D'ailleurs, explique-t-il, ce sont les pratiques de l'ancien régime, à titre d'exemple, dans le milieu universitaire, empêchant certaines voix d'intervenir dans les colloques ou d'aborder certaines questions de l'histoire de la Tunisie, qui ont fait que la culture devait ruser avec la censure pour pouvoir s'exprimer. Les médias échappaient rarement au fait d'être la voix de leur Maître. Aujourd'hui "Grâce à la parole virtuelle et réelle sur le terrain, la peur a été vaincue. La chape de plomb à laquelle, hélas, beaucoup ont contribué, a sauté".

Un ami, se rappelle-t-il, qui a vécu dans un pays de l'Est, me disait récemment: « Sous la dictature on ne parle pas. Briser le silence est le chemin vers la liberté. Cette dernière est le fondement de la démocratie".

Cela dit, fait il observer, il faudrait réfléchir sur le statut de la parole politique dans la future Constitution tunisienne et quelles seront les règles qui vont définir le discours des partis politiques, toutes tendances confondues, dans la nouvelle démocratie.

Car, passée cette étape dont il faut se féliciter et se réjouir, il va falloir fixer certaines règles démocratiques et responsables, afin de faire face à "la parole intolérante, violente, fanatique et haineuse", conclut Tahar Bekri.

 

 

 

Né en 1951 à Gabes, Tahar Bekri est actuellement maître de conférences à l'Université de Paris X-Nanterre. Sa poésie est traduite dans différentes langues (russe, anglais, italien, espagnol, turc, etc).

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 17:45

 

 

 

article transféré de la boîte courrielle des éditions ASPECT

 

 

 

Bonjour à toutes et à tous,  
Depuis le temps que je l'attendais ... J'aime son style que j'ai découvert dans des salons, chez des amis. Une sobriété dans le réalisme. De plus il me fait le plaisir de peindre Lunéville que j'aime de plus en plus.
L'aquarelle qui sert pour l'affiche est la rue de la vieille muraille, ma rue. D'ailleurs, on y voit la maison qui abrite ma galerie. Imaginez vous que vous vous retourniez et vous verrez le théâtre. Jean Pierre TOUSSAINT vous fait découvrir Lunéville autrement.
   
Je vous invite donc à découvrir
 
Jean Pierre TOUSSAINT
"Lunéville en couleur"
le vendredi 4 mars 2011
à partir de 18H30
 

 
L'exposition se tiendra du 4 au 26 mars 2011
 
Du mercredi au vendredi de 14h à 18h30
Le samedi de 10h à 12 h et de 14h à 18h
Dimanche et jours fériés sur RdV. 
 
 
Info supplémentaire : l'actualité de l'Épicerie sur Facebook


 
L'Épicerie d'Art
15, rue de la Charité
54300 Lunéville
09 53 53 26 88
www.lepiceriedart.com

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 14:18

Nous étions réunis ce matin à Radio-Déclic pour les troisième et quatrième volets d'une série d'émissions sur la poésie de langue française au Maghreb.

Série commencée avant que les événements viennent bouleverser le Monde arabo-musulman... et la vision que nous nous en faisions, gavés par les médias occidentaux d'images qu'il faut reconnaître comme aujourd'hui caduques.

 

En rentrant de Villey-le-Sec, surprise de découvrir sur l'adresse courrielle,  cet article paru dans l'Humanité.fr de notre ami Tahar Bekri, poète tunisien - et grand poète français, suivant notre définition de ce qu'est la poésie française - qui nous fait parvenir régulièrement les articles de presse le concernant, et notamment les interviews, toujours intéressants, qu'il donne au cours de ses voyages.

 

 

 

 

 

 

Tahar Bekri « N’oublions pas que notre révolution est partie des plus déshérités »

par Tahar Bekri, 
poète tunisien.

 

 

 «J’ai dû partir en exil en France et quitter la Tunisie en 1976. J’avais été arrêté en 1972 et jeté en prison en 1975. Depuis 1989, j’ai pu retourner régulièrement dans mon pays. Tout n’a pas commencé sous Ben Ali. Le mal vient de plus loin.

Le degré de maturité et d’intelligence du peuple tunisien durant cette révolution m’amène à penser que la culture y a joué un grand rôle. Les créateurs authentiques n’attendent pas les événements, ils les devancent. Cela dit, rien n’est idyllique. Au mois d’août dernier, j’ai reçu la liste de soixante-cinq personnalités qui avaient appelé à changer la Constitution afin que Ben Ali puisse se représenter pour la troisième fois. Parmi les signataires, il y avait de nombreux cinéastes, des comédiens, des écrivains… De même, aujourd’hui, beaucoup retournent leur veste. Sans vouloir appeler à la chasse aux sorcières, on peut ne pas oublier cette sentence d’Ismaël Kadaré :

“ Ceux qui étaient médiocres sous la dictature le resteront après.”

Pour moi, l’écrivain ne doit pas être un porte-drapeau, un rédacteur de manifeste. Il appartient à chaque écrivain de trouver son propre langage. Il est vrai que, dans les périodes les plus sombres, il en est qui savent déjouer l’enfermement. Leur parole a été saisie, leur message entendu. Aujourd’hui, avec Internet et les nouveaux médias, il serait stupide de continuer à croire que la censure va empêcher une œuvre d’être lue.

Parfois, y compris dans les régimes les plus répressifs, les politiques lâchent du lest. On l’a vu en Tunisie pour le théâtre. L’intensité des luttes chez les créateurs avait permis d’arracher quelques lambeaux du droit à l’expression. Quant à l’université, certains professeurs ont eu le courage d’enseigner des œuvres qui n’avaient pas l’heur de plaire au pouvoir. Je suis de cela. La société intellectuelle comme la société politique est une mosaïque avec ses contraintes, ses courages, ses lâchetés. Le mal arabe est profond. Après les indépendances, on a confisqué la liberté, trafiqué les élections. Les partis uniques sont devenus des partis-État. La corruption a gagné. Ce qui est arrivé devait arriver dès lors que l’insupportable a été atteint. Lorsqu’on considère la longévité au pouvoir des dirigeants des pays arabes, dont certains sont là depuis vingt ans, d’autres quarante, on ne peut qu’être atterré et révolté. La pratique de la gouvernance a suivi des mots d’ordre aberrants : le fait, par exemple, de nommer sa propre progéniture aux sommets de l’État, comme s’il s’agissait de dynasties, de monarchies. Et à côté de cela, les puissants faisaient main basse sur les richesses nationales. Les plus pauvres n’ont jamais profité de la croissance procurée par le pétrole, notamment.

Je veux rendre hommage aux femmes tunisiennes qui ont joué un rôle primordial dans cette révolution. Elles sont présentes depuis très longtemps, comme artistes, comme intellectuelles, comme ouvrières. Elles ont su profiter, à juste raison, de l’émancipation prévue par la loi. Leur rôle est essentiel dans la gestation des revendications et des luttes. Il n’y a pas eu que des intellectuelles. Je pense à ces milliers de magnifiques femmes du peuple ; je pense à la mère de Mohamed Bouazizi, ce jeune homme qui, en s’immolant, à donner le signal de la révolution ; je pense aux femmes des ouvriers de Gafsa... N’oublions jamais que notre révolution est partie des classes les plus déshéritées, entre autres des bassins miniers de Kasserine. Ces régions sont à l’écart du développement. »

 

                                                                                                 ****

 

Tahar Bekri est né en 1951 à Gabès en Tunisie. 
Il vit à Paris et enseigne à l’université de Nanterre. 
Dernier ouvrage paru, Salam Gaza, Elyzad, 2010.

 

Propos recuillis par M. S. parus dans l'Humanité.fr du 17 février 2011

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 10:55

 "Témoignage chrétien" nous a permis de reprendre intégralement l'interview donné par notre ami Tahar Bekri au journaliste Martin Brésis

  

 

Tahar Bekri,

écrivain tunisien loin de Tunis

Par Martin Brésis

Tahar Bekri. Copyright : DR Tahar Bekri est l’un des auteurs les plus renommés de Tunisie. En 1976, il a décidé de s’installer à Paris, où il vit toujours. Il enseigne la littérature à l’université Paris X-Nanterre. Cet écrivain en exil évoque la place des artistes dans son pays natal.

Mercredi 19 janvier, au théâtre de l’Odéon, des ar­tistes et intellectuels maghrébins ont témoigné de leur solidarité avec le peuple tunisien. Il y avait là, entre autres, Tahar Bekri. Poète, écrivain, traducteur, il l’un des auteurs les plus renommés de Tunisie.

Et comme la plupart des artistes de ce pays, quasiment inconnu du grand public en France, où il vit pourtant depuis plus de trente ans. Serait-ce l’un des dommages collatéraux de ce régime autoritaire en place depuis des décennies d’avoir empêché la diffusion d’œuvres majeures ?

La création elle-même était-elle possible, de Sfax à Bizerte, sous Bourguiba puis Ben Ali ?

« Bien sûr, répond Tahar Bekri. Il s’est passé en Tunisie ce qu’il se passe dans de nombreux pays totalitaires : les artistes créent mais ils sont obligés de ruser avec le pouvoir, avec la censure. Il faut alors utiliser toutes les ressources de son art pour arriver à faire passer, malgré tout, des messages, des idées. C’est ce que les poètes ont toujours fait. Mon ami Moncef Louhaïbi, dont je suis aussi le traducteur, s’est fait tabasser dans la rue il y a deux ans à cause de ses textes. Fadhel Jaziri et Jalila Baccar, en créant le nouveau théâtre de Tunis à la fin des années 1970, ont eu une importance artistique majeure et un vrai succès public. Le pouvoir n’a jamais vraiment pu les faire taire. »

PRISON

Pour faire taire Tahar Bekri, en revanche, les méthodes ont été expéditives. Deux mois de prison en 1972 pour avoir participé à une manifestation étudiante. Rebelote trois ans plus tard. Mais il reste cette fois une année derrière les barreaux. Avec, chaque fois, le même verdict, « atteinte à la sûreté de l’État », et chaque fois, l’interdiction d’avoir recours à un avocat.

« Il y avait un parti unique à l’époque et toute manifestation politique qui marquait sa différence était réprimée. Je n’ai rien fait d’héroïque et nous avons été très nombreux à subir le même sort.»

Après son passage en prison, il réalise qu’il lui sera quasiment impossible d’enseigner, comme il le souhaitait, et que ses droits civiques seront particulièrement limités. Tahar Bekri décide alors de s’installer à Paris, où il vit toujours. Il enseigne la littérature à l’université Paris X-Nanterre.

Fin con­naisseur des deux sociétés – il retourne régulièrement dans son pays natal depuis 1989 – comment explique-t-il la méconnaissance des artistes tunisiens en France, alors même que des Algériens et Marocains y sont célèbres et célébrés, de Kateb Yacine à Fellag en passant par Yasmina Khadra ou Tahar Ben Jelloun ?

« Une explication est à chercher, je pense, du côté de la langue. Beaucoup d’artistes tunisiens utilisent l’arabe, alors même qu’ils sont francophones. Tout simplement parce que leur public est tunisien. Le problème étant que, par rapport à toute cette littérature arabophone, le travail de traduction n’est pas très développé. Tant du côté français que tunisien. »

Dans son dernier livre, Salam Gaza, il avance une autre explication, pro­pre à la société tunisienne et son rapport aux artistes :

« Presque tout naturellement, les Tunisiens accordent, en général, et ce depuis des décennies, plus d’attention et de reconnaissance aux auteurs des autres pays arabes qu’aux leurs, par politesse, animosité ou mépris de soi, je ne sais. Pour se faire admettre dans son propre pays, il faut se faire un nom ailleurs. »

Après avoir permis à la classe politique française de découvrir, ô surprise, que la Tunisie était une dictature, peut-être cette révolution per­mettra-t-elle aux Français de réaliser que ce pays « voisin » est aussi une terre de création.

À lire : Les poètes de la Méditerranée – Anthologie (préface d’Yves Bonnefoy), Poésie/Gallimard, 950 p., 12 €

Témoignages, analyses, reportages... Retrouvez sur le site de Témoignage Chrétien tous nos articles sur la révolution tunisienne.

Voir le site officiel de Tahar Bekri

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